Espace: La sonde New Horizons a survolé Pluton
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EspaceLa sonde New Horizons a survolé Pluton

Neuf ans de voyage, 5 milliards de kilomètres et une brève rencontre: la sonde New Horizons est passée au plus près de Pluton.

Les scientifiques de la Nasa ont explosé de joie ce 14 juillet.

Les scientifiques de la Nasa ont explosé de joie ce 14 juillet.

Nasa

La sonde spatiale New Horizons, lancée par la Nasa en 2006, est passée mardi au plus près de Pluton, un survol historique qui va permettre d'en apprendre beaucoup sur la planète naine, selon la Nasa. Lancée à plus de 49'300 km/h après un voyage de 5 milliards de kilomètres, New Horizons est passée à seulement 12'430 km de Pluton à exactement 11H49 GMT (13h49 en Suisse), a précisé l'Agence spatiale américaine.

«Cette journée du 14 juillet est vraiment l'apogée de ce sur quoi nous travaillons», explique Cathy Olkin, une scientifique de la mission. «On a lancé cette sonde il y a plus de neuf ans et depuis on essaie de la guider en sécurité à travers le système solaire. On a vraiment hâte d'arriver à Pluton et de découvrir sa surface».

Pluton et son satellite Charon (photo Nasa)

Durant une fenêtre de quelques heures la sonde va devoir emmagasiner un maximum d'images et d'informations sur cette planète encore mal connue. La sonde poursuivra ensuite sa route pour aller observer la ceinture de Kuiper, un vaste amas de débris au-delà de l'orbite de Neptune.

Malheureusement, entièrement concentrée sur ses prises de mesure, la sonde ne va pas pouvoir communiquer en même temps qu'elle effectue ses relevés et prises d'images mardi. La Nasa va donc devoir attendre plusieurs heures avant de recevoir de premiers éléments.

Pause dans les observations

«La sonde effectuera juste une petite pause dans ses observations et se tournera vers la Terre pour envoyer des relevés de télémétrie durant 15 minutes, aux alentours de 22h20», explique Alice Bowman, directrice des opérations de la mission.

Etant donné la distance, les scientifiques de la Nasa ne recevront pas ces données avant le début de soirée, heure locale: «Nous recevrons ces éléments de télémétrie environ 4 heures 30 minutes plus tard ", soit mercredi peu avant 3 heures en Europe. Les ingénieurs en sauront alors davantage sur l'état de la sonde et la somme d'éléments qu'elle a été en mesure de collecter.

La réception de ces informations sera également un grand soulagement pour la Nasa puisqu'il existe un risque que la sonde percute un débris en passant si près de Pluton et soit détruite.

«Cela ne m'empêche pas de dormir», dit Alan Stern, l'un des principaux ingénieurs qui travaillent sur ce projet à 700 millions de dollars. Celui-ci estime qu'il existe un risque sur 10'000 que New Horizons connaisse un problème de ce type.

«Mais c'est sûr que jusqu'à la fin de la journée mardi il y aura un peu de stress. Jusqu'à ce qu'on passe ce cap de mardi soir on ne saura pas réellement si la sonde est passée sans encombre dans le système de Pluton», reprend-il.

«Un stand de tir»

Les experts de la Nasa ont étudié la trajectoire de New Horizons et ils n'ont pas détecté d'obstacles, mais la sonde voyage à une telle allure que même de petits débris peuvent sérieusement l'endommager. M. Stern décrit ainsi la zone dans laquelle voyage New Horizons comme «un stand de tir, avec beaucoup de comètes et d'autres objets beaucoup plus petits».

Jamais aucun instrument humain ne s'est aventuré si loin, dans la ceinture de Kuiper: «On vole dans l'inconnu», souligne encore Alan Stern.

Au fil de son approche, la sonde, qui dispose de sept instruments de mesure pointus, a déjà envoyé du matériel très intéressant aux scientifiques de la mission.

De la glace

Les chercheurs ont ainsi pu confirmer la présence de glace sur les pôles, ont affiné les mesures sur la taille exacte de la planète naine et ont observé des formes extraordinaires sur sa surface.

En frôlant Pluton, la sonde va analyser la composition de son atmosphère, sa géologie, relever les températures à sa surface et prendre des photos très précises.

Tout cela permettra d'en savoir plus sur Pluton elle-même, mais aussi sur les origines de notre planète: «Le système de Pluton est un fossile des débuts de notre système solaire», estime John Grunfeld, le directeur des missions scientifiques de la Nasa. «Nous allons en apprendre plus sur d'où nous venons, cela ouvre tout un royaume de nouvelles explorations», conclut-il.

(ats)

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