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Assemblée du PLR«La Suisse a besoin de femmes fortes»

L'homme au travail et la femme au foyer, c'est du passé! Les délégués du PLR réunis en assemblée à St-Maurice (VS) ont marché sur le terrain de la gauche en plébiscitant la conciliation des vies familiale et professionnelle.

Philipp Müller, le président du PLR, boit un verre lors de l'assemblée des délégués du PLR.

Philipp Müller, le président du PLR, boit un verre lors de l'assemblée des délégués du PLR.

Keystone

Les quelque 200 délégués du PLR réunis samedi à St-Maurice (VS) ont adopté à l’unanimité moins une voix le papier de position du parti pour concilier vies familiale et professionnelle. Les débats ont été sereins et nourris d’exemples.

Avant le vote, Philipp Müller, qui présidait sa première assemblée des délégués, a rappelé que le PLR se préoccupe de la conciliation entre vies de famille et professionnelle depuis «12 ans déjà. Nous ne faisons par de suivisme ni ne subissons d’effet de mode», a-t-il affirmé.

L’importance du thème pour le parti a aussi été évoqué par Carmen Walker Späh. La présidente des femmes PLR suisses a exhorté les délégués à ne pas «laisser ce thème à la gauche, car nous serions condamnés à devoir appliquer des «solutions» de gauche».

Femmes fortes

«Je vis depuis de nombreuses années au sein d’un matriarcat... j’ai trois filles de 15, 23 et 28 ans. Croyez-moi, on se rend vite compte des chances et nécessités inhérentes à la société économique libérale», a expliqué Philipp Müller dans son discours prononcé en début d’assemblée.

Sa fille aînée dirige une entreprise de 50 personnes et souhaite avoir des enfants plus tard. «Doit-elle pour cela abandonner son travail pour autant? Bien sûr que non!», s’est exclamé l’Argovien.

La société ne peut se passer de femmes et d’hommes «excellemment formés, motivés et ambitieux». Et le président du PLR suisse d’ajouter: Indépendantes, les femmes sont fortes et mesdames et surtout messieurs, la Suisse a besoin de femmes fortes!».

Pas question pour Philipp Müller de promouvoir comme unique modèle de politique familiale l’homme au travail et la femme au foyer: ce serait «nostalgique mais surtout pas sérieux!

Imposition individuelle

Le PLR réclame un soutien aux entreprises et aux initiatives privées en faveur de la création de crèches. Il se rapproche de la gauche en demandant une déduction fiscale complète des coûts liés à la garde d’enfants par des tiers et l’introduction de l’imposition individuelle.

Le parti se prononce pour des tarifs de crèche «indépendants du revenu, uniformes et abordables pour toutes les familles». Il évoque deux modèles innovants: le financement via une fondation réunissant communes, canton et employeurs (Vaud), et un modèle par bons de garde, qui est une subvention aux parents que ceux-ci peuvent utiliser dans le mode de garde qu’ils souhaitent.

Proposer plutôt qu’imposer

Le PLR défend une école organisée sur l’entier de la journée, avec des structures d’accueil parascolaire pour la pause de midi, ainsi qu’avant et après les heures d’école. Un modèle qu’il souhaite proposer et non imposer aux familles.

Sa mise en place passe notamment par la création d’une base législative, estime le parti. Il avait tenté de l’introduire en déposant une motion aux Chambres fédérales il y a près de dix ans. Mais malgré le soutien que lui avait apporté le Conseil fédéral, elle n’avait pas passé le cap du Conseil des Etats.

Enfin le PLR soutient le travail à temps partiel, le télétravail et le travail à domicile. Il s’agit de sensibiliser l’économie aux avantages de ces modèles «en matière de compétitivité et d’attractivité».

(ats)

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