Actualisé 28.04.2018 à 09:06

La Suisse «consciente» de ses responsabilités

Terrorisme

Simonetta Sommaruga a affirmé que Berne assumait ses responsabilités dans la lutte contre le terrorisme dans une conférence à Paris.

Simonetta Sommaruga a rassuré ses homologues à la conférence de Paris sur le fait que la Suisse travaillait sur l'identification des flux financiers suspects.(photo d'archive)

Simonetta Sommaruga a rassuré ses homologues à la conférence de Paris sur le fait que la Suisse travaillait sur l'identification des flux financiers suspects.(photo d'archive)

Keystone

La Suisse assume ses responsabilités dans la lutte contre le financement du terrorisme. Simonetta Sommaruga l'a affirmé lors de la conférence de Paris. La Confédération veille aussi à ce que sa réputation ne soit pas ternie.

«La Suisse est une grande place financière ouverte sur le monde. Cela implique une responsabilité importante», a expliqué la cheffe du Département de Justice et Police (DFJP) devant les médias à Paris.

«Nous en sommes conscients et nous voulons l'assumer», a-t-elle ajouté après avoir assisté à la Conférence internationale sur la lutte contre le financement de Daech et d'Al-Qaïda. Plus de 70 Etats y ont participé jeudi et vendredi.

Des flux financiers à détecter

A cette occasion, la conseillère fédérale a présenté à ses collègues les dispositions prises par la Suisse. Elle a aussi mentionné «des domaines où l'on peut mieux faire». Elle a cité un exemple : l'amélioration de «la détection des flux financiers suspects auprès des avocats et d'autres intermédiaires non financiers». «Le financement du terrorisme ne passe pas seulement pas les banques», a-t-elle rappelé.

Simonetta Sommaruga a aussi souligné le besoin de «permettre la communication à notre cellule de renseignement financier des informations du secteur privé aussi si les soupçons viennent de l'étranger». Pour l'instant, cette possibilité n'existe pas. «Mais nous sommes en train de préparer un changement de la loi», a-t-elle expliqué à ses collègues.

Une réputation à préserver

La ministre suisse a également pris soin de présenter à la conférence les exigences de la Confédération en matière de transparence de la part des multinationales actives dans le secteur des matières premières et dont le siège se trouve en Suisse.

«Il existe un risque de réputation important», a-t-elle souligné. «Il faut exiger la transparence pour les entreprises qui travaillent avec les matières premières», a-t-elle assuré.

Selon elle, ces groupes «doivent rendre transparents tous les paiements qu?ils font aux gouvernements» dans les pays où ils extraient des matières premières«, a-t-elle insisté. Elle a rappelé que le parlement travaille actuellement sur cette question.

Cryptomonnaies

La cheffe du DFJP a aussi manifesté la volonté helvétique d'apporter son soutien aux pays qui »n'ont pas une bonne gouvernance« afin de «mettre en place une coopération avec les intermédiaires financiers».

Les participants à la conférence de Paris ont également attiré l?attention sur les dangers de l'utilisation de cryptomonnaies pour financer la lutte contre le terrorisme. »Il faut être conscient qu'il y a des risques et il faut trouver des règles communes«, a-t-elle expliqué.

Visites en région parisienne

Après la conférence, Mme Sommaruga a effectué deux visites en région parisienne. La première pour observer la mise en place du programme français de recherche et d?intervention sur les violences extrémistes. «Un projet novateur basé sur une relation de confiance entre un mentor et une personne radicalisée ou en voie de radicalisation», a-t-elle expliqué.

Dans l?après-midi, elle devait se rendre dans une prison du département du Val d?Oise. Lors de la conférence de Paris, les participants ont approuvé une déclaration. Ils se sont notamment engagés à lutter contre l?anonymat des transactions financières ou encore à renforcer la traçabilité et la transparence des organisations à but non lucratif. La prochaine conférence aura lieu en Australie en 2019.

(ats)

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