Guerre en Ukraine: «La Suisse doit aussi balayer devant sa porte»

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Guerre en Ukraine«La Suisse doit aussi balayer devant sa porte»

Alors que la conférence axée sur la reconstruction de l’Ukraine se tient à Lugano, Public Eye appelle le Conseil fédéral à «enfin couper les vivres à Vladimir Poutine».

Macron et Scholz snobent la conférence sur la reconstruction de l’Ukraine

Ces 4 et 5 juillet se tient à Lugano l’Ukraine Recovery Conference, axée sur la reconstruction de l’Ukraine. L’association Public Eye salue le fait que la Suisse assume une responsabilité politique en organisant une telle manifestation mais elle estime que «pour que cet engagement humanitaire soit crédible aux yeux de la communauté internationale et de sa propre population, la Suisse doit aussi balayer devant sa porte».

S’appuyant sur différentes enquêtes réalisées par ses soins, Public Eye explique dans un communiqué de presse paru ce lundi qu’«en tant que base arrière privilégiée des oligarques proches du Kremlin et plaque tournante du négoce de pétrole, céréales et charbon russes, la Suisse a une responsabilité politique particulière».

D’après les données de Public Eye, «Les trois quarts des exportations russes de charbon sont aujourd’hui négociées à Zoug et en Suisse orientale». Et alors qu’un embargo sur le charbon russe est en vigueur depuis fin avril, l’association déplore que «le Secrétariat d’État à l’Économie ne dispose même pas d’une liste des producteurs et négociants de charbon installés en Suisse, et ne sache pas à qui appartiennent ces sociétés».

Négoce du pétrole à Genève

Selon une autre enquête de l’association, «les négociants basés en Suisse restent les plus gros acheteurs de pétrole brut russe: environ 60% de l’or noir de Poutine et des produits raffinés qui en sont tirés continuent d’être négociés par des sociétés genevoises».

Enfin Public Eye rappelle que le blocus par la Russie des ports d’exportation entraîne une pénurie de céréales et d’autres denrées agricoles vitales pour l’alimentation mondiale. L’association dénonce le fait que «l’explosion des prix soit synonyme de profits records pour les négociants suisses, alors qu’elle entraîne des crises alimentaires dramatiques dans un nombre croissant de pays en développement et émergents».

Le Conseil fédéral appelé à agir

Face à ces différents constats, Public Eye demande au Conseil fédéral

  • «D’appliquer efficacement toutes les sanctions décidées par l’Union européenne contre les oligarques et les matières premières énergétiques russes;

  • De se positionner auprès de Bruxelles pour que celles-ci soient étendues le plus rapidement possible à l’importation et au négoce de gaz;

  • D’établir une autorité spécifique pour le secteur des matières premières qui garantisse que les sanctions contre la Russie ne soient pas détournées»

«En adoptant ces mesures et en créant une task force qui traquerait de manière coordonnée au niveau international les avoirs des personnes sous sanctions, la Suisse pourrait contribuer de manière déterminante à enfin couper les vivres à Vladimir Poutine» conclut Public Eye.

(comm/aze)

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