Crise migratoire: La Suisse doit se préparer à une situation d'urgence

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Crise migratoireLa Suisse doit se préparer à une situation d'urgence

Les plafonnements d'accueil des réfugiés et les fermetures de frontières entre pays européens pourraient avoir une incidence sur la Suisse.

Hans-Jürg Käser,président de la Conférence des directeurs cantonaux de justice et police: «A l'approche du printemps, «nous devons nous préparer à une éventuelle situation d'urgence afin de pouvoir, si nécessaire, y faire face.»

Hans-Jürg Käser,président de la Conférence des directeurs cantonaux de justice et police: «A l'approche du printemps, «nous devons nous préparer à une éventuelle situation d'urgence afin de pouvoir, si nécessaire, y faire face.»

Archives, Keystone

Les voies choisies par les réfugiés pour rallier l'Europe restent imprévisibles. De ce fait, le président de la Conférence des directeurs cantonaux de justice et police, Hans-Jürg Käser, appelle Confédération et cantons à se préparer à une situation d'urgence ce printemps concernant les migrants.

L'annonce d'un plafonnement du nombre de réfugiés accueillis dans divers pays, comme l'Autriche ou la Suède, mais aussi de fermetures de frontières influencent le choix des routes de fuite, a expliqué samedi Hans-Jürg Käser à la radio alémanique.

A l'approche du printemps, «nous devons nous préparer à une éventuelle situation d'urgence afin de pouvoir, si nécessaire, y faire face», a ajouté Hans-Jürg Käser. Le cas échéant, la Confédération pourrait alors directement prendre des mesures, par exemple en restreignant le droit d'asile ou en simplifiant les procédures.

Des actes

«Nous devons réfléchir, comment procéder avec davantage de demandeurs d'asile à nos frontières», dit le conseiller d'Etat bernois, même si le respect des normes internationales et du droit d'asile actuels reste pour le moment la priorité.

La Suisse a déjà la réputation d'être un pays dur pour les demandeurs d'asile. «Cette image ne s'est pas construite sur des annonces mais sur des actes».

Les questions du logement et de l'intégration constituent les plus grands défis, estime Hans-Jürg Käser. Un groupe de travail est en train d'évaluer d'ici la mi-février les possibilités de logement, que ce soit dans des installations de l'armée, dans des abris de protection civile ou autres.

L'intégration autrement

Pour l'intégration, diverses nouveautés sont en cours d'examen. Au lieu d'apprendre d'abord l'allemand puis de s'intégrer, des réfugiés pourraient par exemple commencer à travailler et apprendre la langue en cours d'emploi. «L'intégration des gens au processus économique constitue un gain pour tout le monde», selon lui.

L'admission provisoire reste un obstacle: les employeurs n'aiment guère engager des personnes ayant ce statut. «Nous devons discuter de ce qu'implique ce statut».

Pour le conseiller d'Etat bernois, l'intégration et le durcissement du droit d'asile vont de pair. Une meilleure intégration est nécessaire pour ceux qui sont déjà dans le pays, un durcissement du droit pour ceux qui viendront encore. Mais il faut continuer d'assurer un tri honnête et propre et des procédures cohérentes.

Hans-Jürg Käser a rappelé que la révision de la loi d'asile allait dans le sens d'une accélération des procédures. Mais la contrepartie - un conseil juridique gratuit pour les requérants - est combattue par référendum par l'UDC.

(ats)

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