Actualisé 28.08.2015 à 12:03

ConjonctureLa Suisse échappe à une récession

Le produit intérieur brut a gagné de 0,2% au 2e trimestre. Sur un an, le PIB s'est amélioré de 1,2%. L'économie suisse échappe ainsi à la récession.

Les exportations de marchandises ont connu une légère amélioration de 0,5%, après avoir noté un repli au cours des trois premiers mois de l'année.

Les exportations de marchandises ont connu une légère amélioration de 0,5%, après avoir noté un repli au cours des trois premiers mois de l'année.

Keystone

Le produit intérieur brut (PIB) réel de la Suisse a gagné 0,2% au deuxième trimestre par rapport aux trois mois précédents. L'économie helvétique échappe ainsi à une récession, pourtant pronostiquée par certains analystes.

Sur un an, le PIB à prix constants s'est amélioré de 1,2%, indique vendredi le Secrétariat d'Etat à l'économie (SECO). Mesure de l'inflation, le déflateur du PIB a reculé de 1,1%.

Lors du premier trimestre 2015, le PIB helvétique s'était replié de 0,2% et beaucoup d'experts considéraient la possibilité d'une récession sur les six premiers mois de l'année en raison de la force du franc. Selon la plupart des économistes, un pays qui connaît deux trimestres régressifs se trouve en effet en récession.

«Freinage brusque»

Même si la Suisse a échappé à une récession, les effets du franc fort se sont tout de même durement fait ressentir, a expliqué à l'ats Eric Scheidegger, chef de la direction de la politique économique du SECO. «L'économie helvétique a été confrontée à un freinage brusque».

Après le repli de 0,2% enregistré au premier trimestre et la progression dans le même ordre de grandeur au second, la croissance suisse a donc été de zéro sur les six premiers mois de l'année. «Au premier semestre, l'économie helvétique a stagné», confirme M. Scheidegger.

Pour le directeur du KOF, Jan-Egbert Sturm, la croissance inattendue du PIB est largement imputable à l'industrie, secteur qui représente «la grande surprise», a-t-il déclaré à l'ats. L'institut de prévisions conjoncturelles zurichois et d'autres économistes avaient en effet prévu qu'il souffrirait grandement de l'appréciation du franc.

«L'industrie est pourtant parvenue à exporter davantage de biens à l'étranger», poursuit M. Sturm. Ce dernier estime qu'elle a pu profiter de la légère reprise en Europe et en Amérique, à des prix toutefois inférieurs, ce qui pèse sur les marges.

De son côté, BAKBASEL souligne que l'économie suisse s'est mieux développée que prévu. «Mais le choc du franc fort ne doit en aucun cas être considéré comme ayant été surmonté», prévient l'institut conjoncturel. Ce dernier anticipe un développement modéré de l'économie suisse dans la seconde moitié de l'année.

Moins d'importations

La balance commerciale des marchandises a livré une impulsion positive à la croissance, en raison d'un repli des importations plus marqué que celui des exportations. Celle des services a par contre livré une contribution négative.

«Les importations ont reculé dans toutes les branches, mais le cas le plus marquant est celui de la chimie-pharma, qui a enregistré un fort recul depuis les pays de l«UE», note M. Scheidegger. «Nous n«avons pas vraiment d«explication, mais il est à souligner que les importations de cette branche sont très volatiles».

Les dépenses des ménages et des institutions privées sans but lucratif au service des ménages ont enregistré une légère hausse de 0,3% au cours du premier semestre, apportant leur soutien à la croissance du PIB. Elles concernaient principalement la santé, les produits alimentaires et boissons, les articles d'habillement et chaussures, les communications, les transports, ainsi que les loisirs et la culture.

Les dépenses de consommation des administrations publiques ont elles progressé de 0,2% au deuxième trimestre. Les investissements en biens d'équipement ( 1,5%) et ceux dans la construction ( 0,1%) ont également augmenté, après un repli sur les trois premiers mois de l'année.

Exportations en hausse

Les exportations de marchandises ont connu une légère amélioration de 0,5%, après avoir également noté une contraction au premier trimestre. Les secteurs de l'horlogerie, bijouterie, instruments de précision et la chimie-pharmacie y ont positivement contribué.

Les importations de marchandises ont reculé de 3,6%. Une baisse d'une telle ampleur pour cette rubrique sur un seul trimestre est peu fréquente, relève le SECO. Les exportations de services ont gagné 0,9% et les importations 3%.

Côté production, la valeur ajoutée a légèrement augmenté dans l'industrie manufacturière ( 0,8%), après un recul au premier trimestre. Dans les secteurs de l'énergie ( 2,2%), des transports et communication ( 0,3%), des autres activités de service ( 0,4%) et dans les administrations publiques ( 0,4%), la valeur ajoutée a également progressé. En revanche, le commerce de gros et de détail (-0,4%) et le secteur financier (-2,4%) ont souffert.

En juin dernier, le SECO avait revu ses prévisions de croissance annuelles à la baisse. Il table désormais sur une hausse du PIB de 0,8% en 2015 et de 1,6% l'année suivante.

(ats)

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