Hockey sur glace: La Suisse et le revers de la Coupe
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Hockey sur glaceLa Suisse et le revers de la Coupe

La présence de l'équipe de Suisse à la Coupe Spengler pour la première fois depuis 1979 est une réussite sur le plan sportif et populaire, mais un casse-tête au niveau sponsoring.

par
Cyrill Pasche
L'équipe de Suisse brille à Davos mais son avenir dans la Coupe Spengler n'est de loin pas garanti.

L'équipe de Suisse brille à Davos mais son avenir dans la Coupe Spengler n'est de loin pas garanti.

Keystone

Les internationaux helvétiques ont été les seuls, jeudi matin, à snober le Kids Day, la traditionnelle journée consacrée aux enfants. Les joueurs de l'équipe de Suisse seraient-ils devenus arrogants et inapprochables? «Nous voulions y participer, corrige Janos Kick, responsable de la communication de Swiss Ice Hockey (SIHF). Mais pour des questions de collusion de sponsors, ce n'était tout simplement pas possible.»

La présence de l'équipe nationale à Davos a impliqué de nombreux compromis, avant tout au niveau des partenaires principaux. D'un côté il y a UBS, «Presenting Partner», soit partenaire principal de la Coupe Spengler depuis 32 ans et organisateur du Kids Day. De l'autre, soit du côté de la Fédération, PostFinance et Zurich Insurance Group, respectivement sponsor principal de la SIHF et partenaire principal des équipes nationales. C'est cette constellation qui a rendu impossible la présence des stars suisses à la journée dédiée aux enfants. «C'est dommage pour notre tournoi», a commenté le patron de la Coupe Spengler, Marc Gianola.

Les maillots de la discorde

Autre source de friction, les maillots: à Davos, l'équipe de Suisse évolue avec un chandail non traditionnel et floqué d'un autre sponsor – Schenker Storen - que les habituels Postfinance et Zurich. «UBS et Würth apparaissent traditionnellement sur les maillots de Davos et de Team Canada et ont choisi de continuer à le faire cette année», explique Gaudenz F. Domenig, président du HC Davos. «Schenker Storen, qui disposait du troisième choix selon la hiérarchie de sponsoring, a opté pour l'équipe de Suisse.» Un coup de chance pour l'entreprise de protection contre le soleil et les intempéries, qui a ainsi bénéficié d'une exposition maximale grâce à l'équipe nationale. Reste que si UBS avait voulu que son nom figure sur les maillots helvétiques au lieu de ceux du HC Davos, la participation de la sélection suisse aurait tout simplement été impossible. «Postfinance, le sponsor principal de la Fédération, et UBS sont des concurrents directs sur le même segment. Zurich Insurance Group est partenaire commercial du HC Davos et des équipes nationales, ce qui a allégé la discussion. Mais il a fallu négocier et trouver des terrains d'entente. Chacun n'y a pas forcément trouvé son compte», admet Domenig. Si chaque camp a dû lâcher du lest, les organisateurs du tournoi sont restés intransigeants sur un point: UBS figure sur les casques ainsi que sur le plastron des gardiens de toutes les formations engagées à la Coupe Spengler, y compris l'équipe de Suisse.

Pas que des heureux

Les partenaires commerciaux de la Fédération - PostFinance et Zurich - ont ainsi perdu toute visibilité alors que l'équipe nationale évolue à domicile sur une plate-forme aussi inédite qu'intéressante d'un point de vue marketing. Des dédommagements conséquents sous forme financière ou de services - comme des apparitions supplémentaires de Patrick Fischer à divers événements - leur ont en contre-partie été versées par la Fédération.

Si la présence des internationaux helvétiques est une réussite sur le plan sportif et génère beaucoup d'engouement à Davos, il y a toutefois peu de chances pour que l'expérience se répète. A moins que la sélection nationale soit de retour à Davos dans deux ans, quelques mois avant les Mondiaux 2020 en Suisse? «Nous avons volontiers ouvert nos portes à la sélection nationale cette année afin qu'elle puisse idéalement préparer les JO 2018, mais il est encore trop tôt pour dire si cette constellation à vraiment un avenir», reconnaît Domenig. Les deux parties feront le point en janvier.

Comment Davos dédommage les clubs de National League

Depuis cinq ans et selon les termes d'un contrat portant jusqu'en 2022, le HC Davos verse chaque année un montant global avoisinant 800'000 francs aux équipes de National League qui ne participent pas à la Coupe Spengler.

- Une indemnité de base de 50 000 francs par club concerné sert de compensation pour chaque match à domicile qui n'a pas pu être organisé entre Noël et Nouvel An.

- Chaque club fournisseur de joueurs au HC Davos ou au Team Canada reçoit une somme de 10 000 francs par joueur prêté durant la compétition à titre de dédommagement.

- En cas de blessure d'un joueur prêté durant la Coupe Spengler, le club lésé est dédommagé à hauteur de 2500 francs par match manqué dès la reprise du championnat de Suisse.

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