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ColombieLa Suisse «fière» de son rôle pour la paix

Depuis près de 4 ans, Berne avait engagé un médiateur qui participait aux négociations entre le gouvernement colombien et les Farc.

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Les autorités colombiennes ont annoncé dimanche avoir déjoué un attentat contre le leader de l'ex-guérilla des FARC, Rodrigo Londoño. (Lundi 13 janvier 2020)

Les autorités colombiennes ont annoncé dimanche avoir déjoué un attentat contre le leader de l'ex-guérilla des FARC, Rodrigo Londoño. (Lundi 13 janvier 2020)

Keystone
La Colombie a connu dimanche les plus pacifiques de ces dernières années. Une femme devrait devenir maire de Bogota. (27 octobre 2019)

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AFP
La dissidence des Farc, a annoncé, dans une vidéo diffusée mercredi, la création d'un mouvement politique clandestin, suite à son soulèvement armé la semaine dernière. (4 septembre 2019)

La dissidence des Farc, a annoncé, dans une vidéo diffusée mercredi, la création d'un mouvement politique clandestin, suite à son soulèvement armé la semaine dernière. (4 septembre 2019)

AFP

Dès 2012, le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) a engagé un médiateur, Julian Hottinger, pour participer aux négociations sur un cessez-le-feu dans ce conflit vieux de 52 ans.

En 2014, le médiateur senior a pris part à la sous-commission «fin du conflit». «Les quatre ans de négociation n'ont pas été faciles», a déclaré Julian Hottinger devant la presse à Berne. «Jusqu'en janvier 2016, nous négocions alors même que les combats continuaient», précise celui qui a été formé à la résolution de conflit dans les années 80 au Canada.

La paix en pratique

Les discussions se sont concentrées sur les modalités de la participation des rebelles à la politique, la réintégration des combattants dans la vie civile, ainsi que les modalités de supervision des accords par la communauté internationale.

«Il y avait des différences de langage au sein des deux parties, mais la volonté de résoudre le conflit était là, ce qui est le plus important», a noté Julian Hottinger. Pas de gagnant, pas de perdant et le slogan «pour faire de la politique, il faut laisser les armes». Voilà la stratégie des négociateurs.

Le 23 juin, le cessez-le-feu est finalement acquis «et jusqu'à présent, il tient», précise Julian Hottinger. L'accord devra finalement être contrôlé par un mécanisme tripartite comprenant le gouvernement, les FARC et une mission de l'ONU.

Dans un premier temps, les armes devront être déposées. Mais pas toutes. Une partie devra être mise dans des conteneurs. Les armes légères pourront quant à elles être gardées par les FARC jusqu'au 2 octobre, date du référendum prévu sur l'accord de paix. Les conteneurs seront fermés avec deux clefs, une à disposition des FARC, l'autre de l'ONU.

Une identité officielle

L'accord de paix de 297 pages prévoit encore la régularisation de la situation des combattants des FARC. Ils sont près de 16'000 selon Julian Hottinger et 13'400 selon l'organisation marxiste elle-même. Connus sous des noms de guerre, il leur faudra des documents d'identité délivrés par le gouvernement.

«Sur le principe, on a un accord. Mais on ne sait pas combien resteront dans la clandestinité et ne se présenteront pas», a expliqué Julian Hottinger. La difficile question des jugements entre aussi en compte. «Les cas graves devront être traités», a précisé le négociateur du DFAE.

Collaboration internationale

La signature officielle de l'accord de paix aura lieu mardi prochain à Carthagène, en Colombie. La Suisse y sera représentée par le secrétaire d'Etat aux affaires étrangères Yves Rossier, a indiqué le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE).

«Nous sommes fiers du rôle essentiel que la Suisse a joué dans les pourparlers de paix», a affirmé l'ambassadsrice Heidi Grau, cheffe de la division sécurité humaine du DFAE. Selon elle, la Suisse doit continuer à jouer son rôle humanitaire, car il est prévu dans sa Constitution.

Ce sont toutefois la Norvège et Cuba qui ont mené les dernières négociations sur la Colombie. «Un classement entre les Etats pour savoir qui a contribué le plus à la paix n'a pas de sens», a souligné Mme Grau. «Il s'agit d'une collaboration internationale».

Selon les estimations, les mesures post-conflit devraient coûter 31 milliards de francs. Une charge qui doit être répartie entre la communauté internationale et qui explique qu'un seul pays ne puise pas mener un processus de paix à terme à lui seul.

La Suisse restera active

Quant à l'avenir, la Confédération entend «rester active en Colombie», a assuré Heidi Grau. La Suisse continue de disposer de trois programmes de coopération dans le pays.

Le premier concerne l'aide humanitaire, le second la sécurité humaine (paix et droits de l'Homme) et le dernier le développement économique. «La Confédération peut ainsi donner une réponse globale aux différents défis liés au processus de paix», a indiqué le DFAE.

(ats)

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