La Suisse «lanterne rouge de l’Europe» pour les aires protégées

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BiodiversitéLa Suisse «lanterne rouge de l’Europe» pour les aires protégées

La Convention de Berne révèle que «la Suisse n’assume plus son obligation de mieux protéger les espèces animales et végétales prioritaires au niveau international».

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Lucien Fortunati

La Convention de Berne du Conseil de l’Europe – qui a refusé de rétrograder le statut de protection du loup – a dressé cette semaine à Strasbourg le bilan des progrès réalisés par Emeraude, le réseau paneuropéen d’aires protégées (voir encadré). Et un constat s’impose: «Depuis dix ans, la Suisse n’assume plus son obligation de mieux protéger les espèces animales et végétales prioritaires au niveau international», révèlent BirdLife Suisse et ProNatura dans un communiqué de presse conjoint.

En 2020, la Convention de Berne avait réalisé «une analyse détaillée de la mise en œuvre du réseau Emeraude dans chaque pays», expliquent les deux associations. La Suisse n’était déjà pas bonne élève. Le pays n’avait «pas fait de progrès dans la désignation de nouveaux sites après 2012 et l’indice de réalisation des objectifs ainsi que la couverture des sites existants [étaient] restés très faibles», rapportait l’enquête: à l’époque, 1,4% des espèces et des habitats à protéger par le réseau Emeraude bénéficiaient de suffisamment de sites pour assurer leur conservation.

BirdLife et ProNatura rapportent encore qu’entre 2020 et 2022 «aucun effort n’a pourtant été visible en Suisse pour protéger, avec les zones Emeraude nécessaires, les 140 espèces animales et végétales et les 43 habitats identifiés au niveau européen, pour lesquels la Suisse porte une responsabilité particulière». Selon des déclarations du Conseil fédéral, «la Confédération a tout simplement transféré toute la responsabilité du réseau paneuropéen aux cantons».

La Suisse dispose d’une «dernière chance: d’ici à 2030, elle doit non seulement avoir mis en place le réseau Emeraude, mais aussi avoir élaboré et mis en œuvre les plans de gestion nécessaires». Si la Suisse, déjà «lanterne rouge de l’Europe» en matière d’aires protégées, n’agit pas, elle «exposera ses propres espèces et habitats menacés à des risques encore plus élevés», concluent les associations.

Le réseau Emeraude

«Le réseau Emeraude est un système paneuropéen d’aires protégées qui vise à conserver les espèces animales et végétales ainsi que les habitats menacés», explique les deux associations. Le 30 novembre 2012, la Convention de Berne du Conseil de l’Europe avait reconnu 37 sites Emeraude suisses. On y trouve ainsi toute la rive sud du lac de Neuchâtel, la vallée de Joux, la réserve des Grangettes (VD) ou encore l’étang de la Gruère (JU). Dans le reste de l’Europe, les zones Emeraude ont continué de s’étendre.

(comm/aze)

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