Brexit: La Suisse mieux placée que Londres avec l'UE
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BrexitLa Suisse mieux placée que Londres avec l'UE

Un historien estime que grâce aux bilatérales, la situation de la Suisse face à l'Union européenne est bien meilleure que celle du Royaume-Uni en plein Brexit.

par
cht
La Suisse suit de près le Brexit.

La Suisse suit de près le Brexit.

Keystone

La Grande-Bretagne qui a voté le Brexit en juin 2016 doit sortir normalement le 29 mars de l'Union européenne. Empêtrée dans la crise, elle le fera vraisemblablement sans avoir réussi à trouver un accord avec Bruxelles. Celui-ci, conclu après 17 mois de difficiles négociations, a en effet été rejeté mardi soir par les députés. L'affaire est suivie de près en Suisse où le Conseil fédéral a décidé le 7 décembre de temporiser sur l'accord-cadre à l'issue de négociations que l'UE considère comme closes.

Tobias Straumann

Tobias Straumann

Pour l'historien spécialiste en économie Tobias Straumann, c'est une bonne chose que Berne gagne du temps dans ce dossier. «L'UE est actuellement occupée par le Brexit et les élections européennes de mai», souligne-t-il dans une interview accordée au Tages-Anzeiger jeudi. «Les accords bilatéraux vont bien et il ne seront pas annulés immédiatement si nous devions rejeter l'accord-cadre», estime-t-il. Car il y a une différence fondamentale entre la Suisse et Londres, selon lui: la Grande-Bretagne a elle pris la décision de quitter l'UE. «Cest cela qui crée l'incertitude».

Vidéo - L’accord sur le Brexit est rejeté

Situation confortable

Pour l'historien, Berne se trouve actuellement dans une situation confortable. «Quitter l'UE est un processus extrêmement difficile. Mais la Suisse peut se permettre une pause», avance-t-il. «Certes, nous sommes plus petits et avons moins de pouvoir de négociation. Mais nous avons aussi des choses à mettre dans la balance. »

Les conséquences d'un «No deal» risquent d'être catastrophiques sur le plan économique en Angleterre. Mais la Suisse a nettement moins à craindre, estime Tobias Straumann. «Nous ne démissionnons pas, nous ne violons aucun traité, nous disons simplement que ce traité n'est pas bon», rappelle-t-il. «Nous, les Suisses, avons tendance à céder avant même de savoir ce que fait l'UE», critique-t-il encore. Et il ajoute: «Nous devrons peut-être nous rendre compte qu'il y a des valeurs pour lesquelles il vaut la peine de renoncer à une certaine croissance économique pendant quelques trimestres.»

Le spécialiste en économie défend encore l'UE qui reste implacable. «Nous ne pouvons pas attendre d'elle un compromis. Dans des négociations, ce n'est pas la tâche du plus fort de se préoccuper des plus faibles. L'UE a également ses intérêts légitimes, à savoir la réglementation la plus homogène possible dans son marché intérieur.»

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