10.10.2020 à 05:47

MonnaieLa Suisse ne manipule pas sa monnaie, pour la BRI

Agustín Carstens, chef de la Banque des règlements internationaux, a loué la politique monétaire de la Banque centrale suisse en matière d’inflation.

Agustín Carstens ne considère pas que les banques centrales ont utilisé toutes leurs cartouches dans la crise liée à la pandémie de Covid-19 avec les taux d’intérêt bas ou négatifs. (Image d’illustration)

Agustín Carstens ne considère pas que les banques centrales ont utilisé toutes leurs cartouches dans la crise liée à la pandémie de Covid-19 avec les taux d’intérêt bas ou négatifs. (Image d’illustration)

KEYSTONE

Le chef de la Banque des règlements internationaux (BRI), Agustín Carstens, estime que la Suisse ne manipule pas sa monnaie. La Banque nationale suisse (BNS) ne poursuit aucun objectif de taux de change, explique-t-il dans la «Neue Zuercher Zeitung».

«La demande de francs suisses est un effet secondaire de la politique monétaire très desserrée menée dans le monde entier», ajoute l’expert financier de 62 ans dans un entretien diffusé samedi par le journal zurichois. Comme l’économie suisse n’est pas capable d’absorber tous ces flux, la BNS doit intervenir, poursuit-il. «L’achat de devises est une mesure défensive».

Le responsable loue la politique monétaire de la Banque centrale suisse en matière d’inflation. «Pour la Suisse, on peut dire qu’elle a bien fait de fixer une fourchette de 0 à 2%». L’intervalle d’inflation est plus adéquat qu’un chiffre absolu, selon lui. Il est crucial, qu’une Banque centrale n’affaiblisse pas son objectif de faible inflation en changeant de stratégie, souligne-t-il.

Encore une marge de manœuvre

Agustín Carstens ne considère pas que les banques centrales ont utilisé toutes leurs cartouches dans la crise liée à la pandémie de Covid-19 avec les taux d’intérêt bas ou négatifs. «Il y a encore une marge de manœuvre suffisante», précise-t-il. Les instituts monétaires «peuvent utiliser leurs bilans de manière créative», selon lui. Ils peuvent également influencer les attentes sur la trajectoire future des taux d’intérêt par leurs communications, note l’expert.

Les banques centrales ont, certes, franchi des lignes rouges avec leur récente politique monétaire: «Mais elles l’ont fait en pleine conscience des risques». «Nous en sommes là, parce que les circonstances sont difficiles», explique le patron de la BRI, qui est considérée comme la banque des banques centrales.

(ATS/NXP)

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