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Guerre en SyrieLa Suisse ouvre la porte à des milliers de réfugiés

L'accueil par la Suisse de 500 réfugiés syriens a été salué la semaine dernière par tout le monde. En tenant compte du regroupement familial, elle ouvre en réalité la porte à des milliers d'entre-eux.

La Suisse avait déjà annoncé accueillir près de 500 Syriens victimes du conflit.

La Suisse avait déjà annoncé accueillir près de 500 Syriens victimes du conflit.

AFP

Peu d'attention a été portée aux assouplissements annoncés la semaine dernière par le Département fédéral de justice et police (DFJP) en matière de regroupement familial.

En tenant compte du regroupement familial, la Suisse ouvre en réalité la porte à des milliers de réfugiés.

Le regroupement familial garantit la vie en famille. En règle générale, ce sont seulement les proches directs qui peuvent en bénéficier, soit les époux ou les enfants mineurs.

Mais depuis la semaine dernière, ces restrictions ne valent plus pour les ressortissants syriens. La directive du 4 septembre du DFJP autorise également l'entrée des parents, grands-parents, enfants majeurs, petits-enfants, frères et soeurs et leur famille.

Aujourd'hui, près de 1600 Syriens vivent en Suisse munis d'un permis de séjour ou d'une autorisation d'établissement, en plus de ceux qui sont naturalisés. Avec la nouvelle réglementation, des milliers de réfugiés syriens pourraient demander un visa en Suisse, au motif de la famille élargie.

Exigences assouplies

Le DFJP ne se montre pas seulement généreux envers le cercle des bénéficiaires potentiels. Il assouplit aussi sa pratique en matière d'exigences posées. Le lien de parenté devra simplement paraître crédible et les candidats ne devront pas prouver qu'ils disposent des moyens financiers suffisants pour séjourner en Suisse.

Dans certains cas, la Confédération pourrait aussi prendre en charge les frais de voyage. L'Office fédéral des migrations (ODM) n'avait toujours pas répondu en fin d'après-midi pour une prise de position.

ONG prêtes

Beat Meiner, secrétaire général de l'Organisation suisse d'aide aux réfugiés (OSAR), reste également très prudent sur le nombre de Syriens qui pourraient venir en Suisse sur la base de la nouvelle réglementation. «Cela pourrait être beaucoup», a-t-il dit jeudi à l'ats.

Leur hébergement et leur prise en charge est une question de volonté politique, selon lui. Dans certaines circonstances, il faut prendre des mesures extraordinaires, estime Beat Meiner. «La Suisse a assez d'infrastructures comme des casernes, des écoles ou des salles de gymnastique pour accueillir des centaines de personnes sans beaucoup de difficulté», selon lui.

Chez Caritas, on commence aussi à réfléchir à des solutions pour absorber un gros nombre de réfugiés. «Nous pensons que c'est faisable et sommes prêts à y contribuer», a indiqué son porte-parole Odilo Noti.

Voyages dangereux

Mais reste un handicap à surmonter: les visas pour entrer en Suisse ne peuvent être demandés que dans une représentation suisse. Comme l'ambassade de Suisse à Damas est fermée, les candidats à l'exil qui se trouvent toujours en Syrie doivent se rendre en Turquie, au Liban en Egypte ou en Jordanie pour déposer leur demande.

Ces voyages peuvent se révéler très dangereux. Les contrôles ont été renforcés à la frontière avec la Turquie tout comme avec le Liban. Des proches en Suisse craignent pour leurs proches.

Ce n'est qu'une fois arrivés en Suisse que ces exilés seront en sûreté et pourront demander l'asile ou l'admission provisoire. Comme un renvoi dans un pays dévasté par la guerre n'est pas possible, leur sécurité sera alors garantie.

(ats)

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