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Votations fédéralesLa Suisse plébiscite le durcissement de la loi sur l’asile

Les citoyens ont entériné dimanche par 78,5% une révision urgente de la loi en vigueur depuis fin septembre. Tous les cantons ont soutenu le texte.

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«Nous assurons la crédibilité de la politique d'asile», est venue commenter Simonetta Sommaruga, visiblement très satisfaite, dimanche après-midi devant la presse à Berne, après le oui massif des citoyens à la révision de la loi sur l'asile.

«Nous assurons la crédibilité de la politique d'asile», est venue commenter Simonetta Sommaruga, visiblement très satisfaite, dimanche après-midi devant la presse à Berne, après le oui massif des citoyens à la révision de la loi sur l'asile.

Keystone
La conseillère fédérale socialiste a insisté sur la fait que la modification de la loi permettra d'abord une accélération des procédures.

La conseillère fédérale socialiste a insisté sur la fait que la modification de la loi permettra d'abord une accélération des procédures.

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Davantage de places d'accueil pour les réfugiés, mais aussi des programmes d'occupation, défend la ministre.

Davantage de places d'accueil pour les réfugiés, mais aussi des programmes d'occupation, défend la ministre.

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Un peu plus de 1,570 million de personnes ont glissé un «oui» dans l'urne. Le camp du «non» a réuni à peine plus de 430'000 personnes.

Les plus convaincus ont été les citoyens d'Appenzell Rhodes-Intérieures avec 86,8% d'adhésion, les plus réticents les Genevois avec 61,3% de voix. Il n'y a pas eu de «Röstigraben» sur le verdict, mais les Romands se sont montrés un peu moins enthousiastes.

Plus fort dans les cantons bilingues

Comme à Genève, moins de 7 personnes sur dix ont dit «oui» dans le Jura (66,2%). Cette barre est franchie dans les cantons de Neuchâtel (70,1%), Vaud (70,7%) et plus nettement Fribourg (75,2%). La vague a été plus forte dans les cantons bilingues du Valais (76,8%) et de Berne (80,5%).

Outre-Sarine, les mesures urgentes ont été plébiscitées presque partout à plus de 80%. Les cantons moins touchés par des problèmes liés à l'asile (AI, NW,SZ,OW,ZG) y ont même souscrit à plus de 85%. A Zurich, le «oui» frôle la barre de quatre électeurs sur cinq avec 79,7%. A Bâle-Ville, la révision ne recueille «que» 71,4% de «oui».

Sans surprise

Ce verdict était attendu. Le peuple a jusqu'ici accepté largement tous les durcissements de la loi. Les Jeunes Verts et les quelques ONG à l'origine d'un référendum mollement soutenu par un PS qui l'estimait perdu d'avance n'ont pas réussi à inverser la tendance. Les Suisses ont suivi le Conseil fédéral et les partis bourgeois.

La révision vise à désengorger le système. La désertion ou le refus de servir ne sont plus reconnus comme motifs d'asile. Comme dans les autres pays européens, il n'est plus possible de déposer une requête dans une ambassade helvétique.

Sans l'aval des autorités locales

La Confédération peut créer des centres pour les requérants récalcitrants et se passer d'un aval des autorités locales pour héberger dans ses bâtiments des demandeurs d'asile durant trois ans. Les cantons sont dédommagés en échange pour leurs frais de sécurité et les programmes d'occupation des requérants.

En outre, le Conseil fédéral peut s'écarter du droit en vigueur pour tester de nouvelles procédures.

Avec l'aval de dimanche, les mesures devront être intégrées dans le droit ordinaire d'ici au 28 septembre 2015. Les travaux sont déjà bien avancés.

(ats)

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