25.07.2012 à 16:37

PétroleLa Suisse privilégie à nouveau l'or noir libyen

La Suisse achète à nouveau la plus grande partie de son pétrole brut à la Libye. Elle en a importé 760'817 tonnes durant le premier semestre.

«Depuis décembre de l'an passé, la raffinerie et l'exploitant de stations-service Tamoil Suisse importe à nouveau du pétrole brut de Libye», explique Philippe Cordonier, responsable combustibles de l'Union pétrolière.

«Depuis décembre de l'an passé, la raffinerie et l'exploitant de stations-service Tamoil Suisse importe à nouveau du pétrole brut de Libye», explique Philippe Cordonier, responsable combustibles de l'Union pétrolière.

Keystone

Pour l'année 2012, le volume de ce brut de haute qualité pourrait dépasser celui de 2009 qui était de 1,43 million de tonnes.

En 2009, près d'un tiers des importations helvétiques de pétrole brut (30,2%) provenaient de ce pays nord-africain. Cette année-là, le dictateur Mouammar Kadhafi était encore solidement installé au pouvoir et aucun signe ne laissait entrevoir le futur «printemps arabe» qui tourna à la guerre civile l'an passé.

Embargo

Selon des données de l'Union pétrolière, la Suisse importait encore 17,4% de pétrole brut libyen en 2010, soit 790'594 tonnes. Ce net recul par rapport à 2009 résultait de l'embargo commercial décrété en mars 2010 contre la Suisse par le colonel Kadhafi après la crise diplomatique entre Berne et Tripoli notamment suite à l'affaire des deux hommes d'affaire suisses -Max Göldi et Rachid Hamdani- retenus de nombreux mois sur sol libyen.

La chute des importations helvétiques de brut libyen fut plus marquée les mois suivants, avec le début de la révolution en Libye en février 2011, laquelle a progressivement fait glisser le pays dans une sanglante guerre civile. L'an dernier, la Suisse a importé 193'118 tonnes de brut libyen, soit 4,5% de ses importations de pétrole brut. Le solde provenant notamment du Kazakhstan (50,7%) ou d'Azerbaïdjan (11%).

Reprise des échanges

Les importations de pétrole libyen en Suisse ont redémarré en décembre dernier. La mort du colonel Kadhafi, le 23 août 2011, a mis un terme formel au différend entre la Suisse et la Libye, entraînant la reprise des échanges entre les deux pays.

Durant le premier semestre 2012, les importations helvétiques de brut libyen totalisent 760'817 tonnes, indique l'Administration fédérale des douanes dans ses statistiques du commerce extérieur. Cela représente presque le quintuple de celles provenant du Kazakhstan et plus de neuf fois celles émanant d'Azerbaïdjan.

Tamoil

«La raison est simple», explique Philippe Cordonier, responsable combustibles de l'Union pétrolière. «Depuis décembre de l'an passé, la raffinerie et l'exploitant de stations-service Tamoil Suisse importe à nouveau du pétrole brut de Libye».

Comme il s'agit d'un produit de très bonne qualité, il est sans doute préféré à celui du Kazakhstan. Autre aspects décisifs: d'un côté la teneur en soufre qui doit être la plus faible possible, et de l'autre, la capacité de satisfaire les besoins d'un pays donné en produits finis comme le diesel, le mazout ou fioul domestique.

En outre, Tamoil peut profiter d'un meilleur accès au pétrole libyen que d'autres entreprises, estime le représentant de l'Union pétrolière. Des recherches indiquent que Tamoil Suisse est toujours lié au fonds souverain libyen via des sociétés intermédiaires.

La Suisse compte deux raffineries: celle de Collombey (VS) gérée par Tamoil et celle de Cressier (NE) qui vient de redémarrer ses activités suite à son rachat par Varo Energy Holding après plusieurs mois d'arrêt. Pour ces deux usines, le traitement du pétrole brut représente 40% des importations suisses de pétrole.

Les 60% du pétrole déjà raffiné provient d'usines implantées en Belgique, aux Pays-Bas, en Allemagne et en France, précise Philippe Cordonier.

(ats)

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