Trail running – «La Suisse réaffirme son statut de terre de trail»
Publié

Trail running«La Suisse réaffirme son statut de terre de trail»

Deux courses suisses ont rejoint l’UTMB World Series. Les coureurs qui y participent gagnent des «running stones» nécessaires pour s’inscrire à la mythique course de Chamonix.

par
Rebecca Garcia
Le Trail Verbier St-Bernard espère prendre une nouvelle dimension.

Le Trail Verbier St-Bernard espère prendre une nouvelle dimension.

Y. Garneau.

L’un est créé pour l’occasion, l’autre existe depuis 13 ans. L’UTMB a sélectionné deux trails valaisans pour intégrer son circuit mondial. Le Wildstrubel connaîtra sa première édition du 8 au 11 septembre 2022. Les coureurs devront grimper le col de la Gemmi (2268 m d’altitude), avant d’aller en direction dAdelboden. Ils retourneront ensuite à Crans-Montana par le col du Rawyl. L’autre course est le trail Verbier St-Bernard. Ses présidents ont choisi de passer dans le giron de l’UTMB pour rester pérenne dans un secteur toujours plus concurrentiel.

Du trail running, il y en a partout grâce à la topographie de la Suisse. Ces compétitions ne permettent pas toutes d’obtenir des points pour s’inscrire à l’Ultra Trail du Mont-Blanc (UTMB). L’Ultra Trail World Tour ne pouvait initialement accueillir qu’une course par pays, mais l’engouement autour du sport l’a poussé à revoir ce modèle. «Nous avons besoin d’événements là où il y a des communautés de coureurs», précise Frédéric Lénart, CEO du groupe UTMB. Ce dernier propose désormais une trentaine de courses au niveau mondial qui donnent des «running stones». Ces dernières représentent un ticket d’entrée dans les finales, ces courses organisées fin août à Chamonix. Si Heidi Müller glane 8 running stones, son nom apparaît à 8 reprises dans la loterie. «La Suisse est tout à fait légitime pour accueillir 3 étapes du circuit mondial et réaffirme son statut de terre de trail», tranche le CEO.

UTMB.

Le Wildstrubel, créé pour l’occasion, aurait-il vu le jour sans intégrer le circuit de l’UTMB? «Non, il nous fallait intégrer un système global», répond Bruno Huggler. Le directeur de Crans-Montana Tourisme et Congrès en parle comme d’un produit touristique qui aurait nécessité de nombreuses années pour avoir de la reconnaissance. Intégrer le calendrier d’un tel mastodonte équivaut à prendre un sacré raccourci. «Là, c’est directement la vitrine mondiale», commente-t-il.

Au sein du comité du Trail Verbier St-Bernard, c’est le soulagement qui prime. «Nous pouvons enfin nous appuyer sur une structure solide qui soutiendra le développement du trail», affirme Tiphaine Artur, cofondatrice de l’événement. Intégrer les UTMB World Series permet aux organisateurs du trail valaisan de voir l’avenir plus sereinement, eux qui ont vu les courses concurrentes se multiplier au fil des années. «Je pense que si nous n’avions pas pris ce train-là, nous aurions été en difficulté», confie encore celle qui y dédie son temps libre depuis 13 ans, avec son coprésident Mathieu Girard et les bénévoles.

Leur trail, ils l’ont pensé, construit et amélioré année après année. La patte UTMB se retrouve dès la genèse du projet. «Nous sommes allés voir Catherine et Michel Poletti, qui ont appuyé nos démarches auprès des communes et qui nous ont prodigué des conseils», raconte-t-elle.

Des 500 coureurs de l’époque à plus de 2500 lors de la dernière édition, la course requiert une énergie considérable qui se heurte aux limites du bénévolat. Les organisateurs ont donc engagé une coordinatrice à 20% pour professionnaliser le trail. Tiphaine Artur l’explique: «Je ne pouvais travailler qu’en marge de mon activité professionnelle et je trouvais malvenu d’imposer ce rythme aux prestataires et fournisseurs.»

L’UTMB apporte de plus gros moyens aux organisateurs, qui restent impliqués sur l’organisation de la course. «Les événements doivent conserver des spécificités locales», précise Frédéric Lénart, CEO du groupe UTMB. «Nous voulons, par exemple, des produits locaux lors des ravitaillements.» Il n’y a pas de différences fondamentales entre le Trail Verbier St-Bernard tel qu’il a été présenté jusque-là et une course du circuit UTMB. «Nous nous sommes beaucoup inspirés d’eux», affirme encore Tiphaine Artur.

Booster le tourisme

Pour que l’UTMB donne son aval, il faut un plan solide, qui inscrit le trail sur la durée. Le Wildstrubel a travaillé avec les communes, pour bénéficier de toutes les autorisations et soutiens nécessaires. Le Verbier St-Bernard bénéficie, lui, d’une relation de longue date avec des communes qualifiées de solidaires par les organisateurs. Le but est évidemment de booster le tourisme en été, en multipliant les attractions.

Déjà positionnées sur le VTT, les stations de Verbier et Crans-Montana ont compris que le trail avait de quoi tracter la foule. Bruno Huggler estime que 3000 coureurs pour la première édition est un chiffre réaliste. Le val de Bagnes et le Pays de St-Bernard préparent 4000 dossards pour cette étape des World Series. L’événement prend de l’envergure, ce qui plaît à sa cofondatrice Tiphaine Artur. Pour une course de trail, prendre le train en marche était peut-être la meilleure des idées.

Votre opinion