Démographie: La Suisse risque de manquer de travailleurs
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DémographieLa Suisse risque de manquer de travailleurs

Avec la vague de départ en retraite pour les baby-boomers, le nombre d'actifs risque d'être trop bas, relève le Credit Suisse dans une étude.

Entre 70'000 et 80'000 professionnels quittent la vie active chaque année.

Entre 70'000 et 80'000 professionnels quittent la vie active chaque année.

Archives/Photo d'illustration, Keystone

La Suisse risque bientôt de se retrouver face à un problème démographique, avec le départ en masse à la retraite de la génération des baby-boomers, les personnes nées entre la fin de la Seconde guerre mondiale et le milieu des années 1960.

Les départs à la retraite de cette génération ont commencé environ en 2010, avec chaque année entre 70'000 et 90'000 professionnels quittant la vie active. Cette tendance va s'accélérer, d'après les estimations de Credit Suisse. La banque s'attend à ce que le nombre de nouveaux retraités va progressivement dépasser les 100'000 par an et monter jusqu'à 125'000 en 2029.

Quelque 1,1 million de personnes, où environ 800'000 actifs, partiront à la retraite dans dix ans, a relevé mardi Credit Suisse dans une étude. Si jusqu'à présent le nombre d'arrivées sur le marché du travail dépassait celui des départs en retraite, la part s'est équilibrée à partir de 2016 et s'inversera clairement à partir de 2021.

Difficultés sectorielles

Déjà en mal de main d'oeuvre qualifiée, certains secteurs vont faire face à une forte pénurie comme l'agriculture ou la sylviculture, mais aussi les secteurs administratifs, sociaux et de la santé. «Dans ces branches, un actif sur quatre est un baby-boomer et un sur deux est issu des années à forte natalité», a précisé Credit Suisse.

Certaines sociétés ont commencé à remédier à cette problématique en renforçant les mesures d'automatisation et de robotisation, qui ne peuvent cependant pas être appliquées à tous les domaines. Repousser l'âge de la retraite semble aussi une solution, mais peu d'entreprises emploient actuellement cette solution.

Reste l'épineuse question de l'immigration pour compenser le manque de ressources locales, mais qui dépend fortement du cadre politique. Pour 2019 et l'année suivante, Credit Suisse table sur un solde migratoire positif de 55'000 personnes.

(ats)

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