Grogne: La Suisse romande impactée par le blocage du 17 novembre

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GrogneLa Suisse romande impactée par le blocage du 17 novembre

Samedi prochain, le mouvement des «gilets jaunes» a prévu de bloquer un grand nombre de routes en France. Contre l'augmentation du prix de l'essence jusqu'aux portes de la Suisse.

par
Eric Felley
Le symbole des «gilets jaunes» est utilisé pour marquer les endroits où auront lieu des blocages le 17 novembre. Quelques-uns sont annoncés près de la frontière suisse, à Annemasse et Saint-Gingolph.

Le symbole des «gilets jaunes» est utilisé pour marquer les endroits où auront lieu des blocages le 17 novembre. Quelques-uns sont annoncés près de la frontière suisse, à Annemasse et Saint-Gingolph.

Samedi 17 novembre, les routes de France vont faire l'objet de nombreux blocages. Ce grand jour de colère citoyenne annoncé depuis plusieurs semaines vise à protester contre l'augmentation du prix du carburant qui touche les pompes à essence et le porte-monnaie sensible de nos voisins.

La contestation a débuté par une pétition en ligne, qui a mobilisé à ce jour plus de 800 000 personnes. Depuis le mois de janvier le prix des carburants a augmenté d'environ 19%. Les automobilistes en colère se sont baptisés les «gilets jaunes», dont ils ont piquetés la carte de France en maints endroits. Plus de 700 rassemblements et blocages sont signalés. La Suisse frontalière est impactée, principalement à la frontière de Saint-Gingolph et à trois points de passage à Annemasse. Porte-Parole du Touring Club Suisse, Yves Gerber, n'a pas observé d'autres nuisances sur les axes frontaliers habituellement fréquentés.

«Putain de 17 novembre»

Selon plusieurs sondages ces dernière semaines, environ 3/4 des Français soutiennent cette manifestation. Mais d'autres ont lancé le mouvement contraire, notamment sur Facebook un père de famille a fait fureur en publiant un encart «Va te faire foutre avec ton putain de 17 novembre». Certaines enseignes de grande distribution comme Carrefour, Leclerc ou Super U ont décidé de vendre le carburant à prix coûtant dans leurs stations, ce qui le fait redescendre sous la barre des 1,5 euro le litre.

Ce blocage citoyen des routes est devenu une affaire d'Etat. Emmanuel Macron a déclaré la semaine dernière: «Je préfère la taxation du carburant à la taxation du travail». Le ministre de l'Économie Bruno Le Maire a admis que cette colère «n'est pas irrationnelle», mais les Français sont aussi encouragés à reconvertir leurs voitures dans des véhicules moins polluants en guise de transition écologiste.

«Fâchés mais pas fachos»

Dans le même temps, les syndicats dénoncent une récupération du mouvement des «gilets jaunes» par l'extrême-droite. «Fâchés, mais pas fachos» ont rétorqué certains sous forme de slogan. Laurent Nuñez, secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Intérieur, a rappelé que «les manifestations doivent être déclarées et encadrées. Elles ne peuvent pas produire un blocage total.» Les organisateurs d'une manifestation non autorisée encourent six mois de prison et 7500 euros d'amende. Le délit d'entrave à la circulation peut être passible de deux ans d'emprisonnement et 4500 euros d'amende.

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