Foot - Mondial 2018: La Suisse sait maintenant gagner sans la manière

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Foot - Mondial 2018La Suisse sait maintenant gagner sans la manière

L'histoire de la Nati est jonchée de suffisamment d'actes manqués pour ne pas relever le seul fait qui compte: la victoire.

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Ricardo Rodriguez et Granit Xhaka se congratulent au coup de sifflet final après la qualification de la Suisse pour le Mondial (Dimanche 12 novembre 2017).

Ricardo Rodriguez et Granit Xhaka se congratulent au coup de sifflet final après la qualification de la Suisse pour le Mondial (Dimanche 12 novembre 2017).

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Dans le temps additionnel, Ricardo Rodriguez a sauvé toute une nation en dégageant un ballon de but nord-irlandais sur la ligne (Dimanche 12 novembre 2017).

Dans le temps additionnel, Ricardo Rodriguez a sauvé toute une nation en dégageant un ballon de but nord-irlandais sur la ligne (Dimanche 12 novembre 2017).

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Victorieuse 1-0 en Irlande du Nord, la Suisse a conservé son avantage avec un match nul 0-0 à Bâle (Dimanche 12 novembre 2017).

Victorieuse 1-0 en Irlande du Nord, la Suisse a conservé son avantage avec un match nul 0-0 à Bâle (Dimanche 12 novembre 2017).

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L'équipe de Suisse a grandi. Sa victoire 1-0 contre la Lettonie, samedi à Genève en qualifications du Mondial 2018, en atteste, tout comme elle a clarifié et accentué les secteurs dans lesquels la sélection de Vladimir Petkovic doit encore impérativement progresser.

«Nous aurions pu mieux faire, nous sommes en ce sens un peu déçus», livrait Johan Djourou au sortir d'une rencontre à sens unique qu'il aurait fallu plier plus rapidement. Comme cela avait été le cas l'automne dernier en Andorre (2-1) et contre les Iles Féroé. «Nous n'avons pas été assez efficaces et avons mené de manière trop scolaire des contres qui nous ont procuré des 'occasions penalty'», reconnaissait pour sa part Petkovic.

Un banc qui tient la route

Mais la grande histoire de l'équipe de Suisse est jonchée de suffisamment d'actes manqués pour ne pas relever le seul fait qui compte au final: cinq matches, cinq victoires (un record en entrée de campagne), même quand la manière n'a pas été au rendez-vous. Combien de nuls voire pire, dans des parties comme celle de samedi face à une très faible Lettonie, noircissent les pages du grand livre de l'ASF?

«Cette équipe a énormément progressé, estime Djourou. Portée par la positivité du sélectionneur, elle a énormément gagné en sérieux. Ce groupe est extraordinaire, les onze titulaires peuvent tous être remplacés sans que cela ne nuise à la qualité générale. C'est un type qui vient du banc qui marque le but.»

Josip Drmic, matador de la soirée, entré à la 64e et décisif à la 66e, sur son premier ballon: «J'ai tellement travaillé pour revenir.» L'attaquant de Mönchengladbach, le genou en vrac, n'était plus apparu en sélection depuis un an et demi. «Rentrer et marquer comme ça... Je n'aurais même pas osé l'espérer», expliquait celui qui avait marqué son dernier but en février 2016 (alors sous le maillot de Hambourg).

Dans la perspective d'un eudémonisme social, mais aussi dans la perspective comptable, on sait l'importance d'avoir des remplaçants qui font les différences dès que l'on fait appel à eux. Une corde que la Suisse n'a à son arbalète que depuis peu qui témoigne, aussi, de l'étoffement de l'effectif. A l'image d'un François Moubandje, impeccable à la place de Ricardo Rodriguez, absent sur blessure.

Beaucoup de grains de sable

Bien entendu, la Suisse n'est que la Suisse et, même si elle lorgne vers les nantis, elle ne possède que les moyens de la classe moyenne supérieure. Donc, pour pouvoir livrer le récital qu'elle avait promis avant ses trois dernières rencontres, elle a besoin d'avoir tous ses joueurs en pleine possession de leurs moyens. Ce qui, entre, temps de jeu problématiques ou méformes en club, n'était pas le cas au Stade de Genève.

Xherdan Shaqiri pas dans le rythme (la star de l'équipe nationale, qui ne parvient pas à s'imposer à Stoke City, n'avait plus joué depuis le 21 janvier), Haris Seferovic et sa conviction trop souvent déficiente, Granit Xhaka dont on attendait qu'il se comportât plus en patron au cœur du jeu, Stephan Lichtsteiner dont on n'arrive pas à tirer autant en équipe nationale qu'à la Juventus... Cela fait beaucoup de grains de sable dans les rouages de la machine que Petkovic veut plus impitoyable et flamboyante.

Prometteur tapis rouge

La Suisse, et sa réussite est admirable, a toutefois su faire de son calendrier piégeux un prometteur tapis rouge. Après avoir avalé et, surtout, digéré les deux plus gros morceaux de son groupe - le Portugal et la Hongrie -, la voici en tournée chez les cancres, à mi-parcours de son chemin de croix. Il s'agit de profiter de l'aubaine.

Tout en poursuivant son apprentissage, elle doit faire le plein de points à ses trois prochaines stations, aux Féroé (9 juin), contre Andorre (31 août) et en Lettonie (3 septembre). Pour arriver détendue contre une Hongrie (7 octobre) qui sera normalement déjà hors course puis maîtresse de son voyage vers la Russie lors du «showdown» à Lisbonne (10 octobre).

(ats)

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