Covid-19 – La Suisse traîne-t-elle trop avec la 3e dose? Des experts s’inquiètent
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Covid-19La Suisse traîne-t-elle trop avec la 3e dose? Des experts s’inquiètent

Alors que le nombre de cas ne cesse d’augmenter en Suisse, des spécialistes estiment que Berne ne doit plus perdre de temps avec le «booster». Le Conseil fédéral et les cantons doivent s’exprimer à 12h15.

Si le booster est rapidement accessible à toute la population, la cinquième vague peut encore être stoppée, estime un spécialiste.

Si le booster est rapidement accessible à toute la population, la cinquième vague peut encore être stoppée, estime un spécialiste.

20Min/Celia Hogler

Le nombre de cas a atteint un nouveau pic, mercredi, avec près de 6000 nouvelles contaminations et une centaine de personnes à l’hôpital. Tout doit être bon dorénavant pour freiner cette nouvelle vague avant qu’elle ne submerge les hôpitaux. Du coup, les spécialistes appellent à la 3e dose de vaccin, le rappel dit «booster», pour tous et le plus vite possible. Mais selon l’épidémiologiste Marcel Tanner, il faudra attendre janvier, avant que le grand public puisse se faire vacciner, a-t-il affirmé dans le Tages-Anzeiger.

Or, selon l’immunologue Daniel Speiser, la Suisse ne doit plus perdre du temps avec les rappels. Sinon, les hôpitaux risquent d’être obligés de devoir faire du tri lors de l’arrivée des patients, s’alarme-t-il dans les colonnes de 20 Minuten. Mais si le booster est rapidement accessible à toute la population, la cinquième vague peut encore être stoppée, estime-t-il, tout en craignant que la Suisse ait malheureusement pris trop de retard avec la 3e vaccination.

«La Suisse doit mettre les gaz»

Son avis est partagé par Andreas Faller, avocat spécialisé dans le droit de la santé et ex-vice-directeur de l’OFSP. Il est même très critique: «La Confédération n’a guère tiré de leçons du passé», estime-t-il. Selon lui, il était déjà clair depuis des semaines qu’il fallait accélerer la vaccination de rappel. «Maintenant, la Suisse doit mettre les gaz. Car il serait inacceptable de devoir à nouveau penser à un confinement potentiel», insiste-t-il.

Si l’Autriche a décidé de confiner les non-vaccinés, Andreas Faller considère le «lockdown» comme la toute dernière mesure à prendre si la Suisse ne progresse pas dans les vaccinations de rappel, si les mesures plus douces ne sont pas efficaces et si le nombre d’hospitalisations augmente encore de manière dramatique. Mais il précise: «Un confinement serait inacceptable pour les personnes vaccinées ou guéries».

Des parlementaires appellent également à une action rapide. «Nous devons accélérer la vaccination de rappel et non pas chercher de nouvelles mesures compliquées», estime lui aussi le conseiller national Lorenz Hess (Centre/BE). Mais même dans ce cas, il sera probablement trop tard pour éviter une surcharge des hôpitaux dans les semaines à venir, craint-il. Et d’accuser les non-vaccinés: «Nous sommes dans une nouvelle vague à cause d’eux».

Manque de communication claire

Pour son collègue PLR Marcel Dobler, il faut que le Conseil fédéral communique clairement aux cantons les délais durant lesquels la population doit être vaccinée, afin que les cantons s’organisent en conséquence, explique-t-il en substance. «Pus vite le vaccin de rappel sera mis en place, plus vite cela aura une influence sur le nombre d’infections et les évolutions graves, espère-t-il. Heureusement, selon lui, une grande partie des Suisses sont vaccinés avec le Moderna, qui perd moins vite son efficacité que le Pfizer. Néanmoins, le temps presse et les délais actuels sont inacceptables, estime-t-il.

A noter que le ministre de la Santé, Alain Berset, rencontre aujourd’hui même les représentantes des cantons, à Berne, pour faire le point sur la vaccination et les prochaines étapes de lutte contre le coronavirus. Une conférence de presse est prévue à 12h15.

(cht)

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