Justice: La Suisse va classer l'enquête sur le meurtre d'un Iranien à Coppet

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JusticeLa Suisse va classer l'enquête sur le meurtre d'un Iranien à Coppet

Kazem Radjavi avait été tué dans sa voiture à Coppet, dans le canton de Vaud, le 24 avril 1990. Il était le frère de Massoud Radjavi, chef historique des Moudjahidine du peuple.

La voiture dans laquelle Kazem Radjavi avait été tué à Coppet (VD), en 1990.

La voiture dans laquelle Kazem Radjavi avait été tué à Coppet (VD), en 1990.

Keystone

La justice suisse s'apprête à classer la procédure lancée contre 14 personnes pour leur rôle dans la mort d'un ancien dirigeant de l'opposition iranienne, banni et assassiné en Suisse en 1990, et frappée de prescription.

Kazem Radjavi avait été tué dans sa voiture à Coppet, dans le canton de Vaud, le 24 avril 1990.

Kazem était le frère de Massoud Radjavi, chef historique des Moudjahidine du peuple, principal groupe d'opposition armée au régime islamique. Il était au moment de son assassinat le représentant en Suisse du Conseil national de la résistance iranienne (CNRI), vitrine politique du mouvement.

Après sa mort, les soupçons des Suisses se sont portés sur des diplomates iraniens qui avaient rapidement quitté le pays après l'assassinat, et la justice helvétique avait dressé une liste de 13 Iraniens soupçonnés d'y avoir participé activement.

En 2006, la Suisse a en outre lancé un mandat d'arrêt international contre l'ex-ministre iranien des renseignements Ali Fallahian, soupçonné lui d'avoir commandité l'assassinat de l'opposant iranien.

Dans une lettre envoyée à l'avocat de la famille de M. Radjavi, datée du 29 mai et consultée par l'AFP, le parquet du canton de Vaud a annoncé que l'enquête serait bientôt abandonnée et l'affaire classée.

La lettre, signée par le procureur Augustin Dayer, indique que «l'instruction pénale doit être clôturée en raison de la prescription atteinte», et demande que toute requête ou commentaire soit déposés avant le 17 juin.

Le CNRI a fait part de son indignation après la décision de la justice suisse. «La Résistance iranienne proteste fermement et condamne la clôture du dossier de l'assassinat du professeur Kazem Radjavi», a-t-elle indiqué dans un communiqué.

Plutôt que de classer l'affaire, «des mandats d'arrêt internationaux devraient être émis contre ceux qui ont ordonné et perpétré ce meurtre terroriste», a souligné le texte.

Le CNRI est dirigé par Maryam Radjavi, son mari Massoud Radjavi ayant disparu en 2003. Les Moudjahidine du peuple (OMPI) sont des opposants de longue date au régime iranien, ayant trouvé refuge dans plusieurs pays. En 2009 puis 2012, l'Union européenne et Washington les ont rayés de leurs listes des organisations terroristes.

(AFP)

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