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FootballLa Suisse veut éviter le faux départ

Prendre six points d'ici mardi soir: tel est l'objectif avoué de l'équipe de Suisse pour l'entame de sa campagne dans le tour préliminaire de la Coupe du monde 2014.

Pour Ottmar Hitzfeld, le 4-2-3-1 est bien «le» système qui convient le mieux à son équipe.

Pour Ottmar Hitzfeld, le 4-2-3-1 est bien «le» système qui convient le mieux à son équipe.

Keystone

Ce vendredi à Ljubljana face à la Slovénie et mardi à Lucerne contre l'Albanie, la victoire est impérative selon les joueurs. «Lors de nos deux dernières campagnes, nous avions raté notre entame, se souvient Stephan Lichtsteiner. Nous avions pu rattraper le coup la première fois en gagnant en Grèce. Mais pas la seconde fois. Je ne veux pas revivre ce genre de situation extrême.»

«Assumer notre statut»

Comme ses coéquipiers, le défenseur de la Juventus veut croire que cette équipe de Suisse «new look» qui est née un après-midi de juin 2011 à Wembley sera à la hauteur des espoirs qu'elle suscite. «Le temps est venu d'assumer notre statut, poursuit Gelson Fernandes. Nous avons des joueurs qui jouent dans des grands clubs. A eux de montrer la voie.»

Il appartiendra donc aux Djourou, Lichtsteiner, Behrami, Inler et autre Shaqiri de donner le ton vendredi à Ljubljana. Même si elle s'est qualifiée pour les Coupes du monde 2002 et 2010 et pour l'Euro 2000, la Slovénie est une équipe à la portée de la Suisse. Les quatre rangs qui séparent les deux équipes au classement FIFA -20e place pour la Suisse, 24e pour la Slovénie- traduit une certaine réalité.

La Slovénie sera, par ailleurs, privée vendredi de son meilleur joueur, le gardien de l'Inter Samir Handanovic qui se remet d'une opération au ménisque. Elle ne possède plus aujourd'hui des joueurs aussi emblématiques que furent Srecko Katanec et Zlatko Zahovic. Selon Steve Von Bergen, le danger pourrait venir de son coéquipier de Palerme Jasmin Kurtic, un demi offensif «très fort dans le un-contre-un».

La victoire 4-2 obtenue à Split a conforté Ottmar Hitzfeld dans ses choix. Le 4-2-3-1 est bien «le» système qui convient le mieux à son équipe. Dans un rôle de 9,5 qu'il ne tient pas dans son club, Granit Xhaka a pleinement répondu à l'attente du sélectionneur.

Ottmar Hitzfeld a également été rassuré par la performance de Djourou malgré son statut de remplaçant à Arsenal. Enfin, il a pu mesurer toute l'importance du labeur de Behrami à mi-terrain. Le nouveau joueur du Napoli possède cette faculté de porter tout de suite le jeu vers l'avant. Son entente avec Shaqiri sur le flanc droit valorise toute l'équipe.

La dernière campagne

Cette campagne sera, en principe, la dernière d'Ottmar Hitzfeld. L'Allemand entend boucler la boucle en 2014 au Brésil. Il aura alors 65 ans. Il avait, faut-il le rappeler, commencé sa carrière d'entraîneur en 1983 au SC Zoug en LNB.

Une carrière extraordinaire qui fait de lui l'un des trois entraîneurs au monde à avoir mené deux clubs à la victoire en Ligue des Champions avec le regretté Ernst Happel et José Mourinho. Autant dire qu'un échec dans ce tour préliminaire ferait tache. Même s'il ne l'avouera jamais, le fait de tomber dans un groupe qui ne comprend aucun ténor est une bénédiction. La première place synonyme de qualification directe, qui semble ainsi inaccessible à une équipe comme la France adversaire de l'Espagne, est à portée de mains.

La révélation de la signature de son contrat avec le groupe Ringier a placé le sélectionneur dans l’œil du cyclone le week-end dernier. Le timing de l'annonce de ce partenariat fut particulièrement malheureux. La concurrence exacerbée entre les différents groupes de presse ne l'épargnera pas en cas de contre-performance à Ljubljana et à Lucerne. Jamais la pression n'a été aussi forte sur ses épaules depuis son intronisation en 2008.

Mais l'ancien entraîneur du Borussia Dortmund et du Bayern Munich sait la supporter. Maintenir sa confiance à Djourou alors que personne n'aurait pu contester la légitimité d'une titularisation de Jonathan Rossini est un risque qui peut se retourner contre lui. Le fait de le prendre a quelque chose de rassurant.

(si)

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