10.09.2019 à 13:18

La surveillance totale des mosquées échoue pour une voix

Berne

Une motion de l'UDC, soutenue par le PDC, demandait une surveillance préventive stricte de toutes les lieux de culte musulmans. Pour Karin Keller-Sutter, ce n'est pas possible.

par
Eric Felley
La conseillère fédérale Karin Keller-Sutter estime que la Suisse prend très au sérieux la problématique de l'islam radical, mais qu'on ne peut pas aller jusqu'à surveiller tout le monde à titre préventif.

La conseillère fédérale Karin Keller-Sutter estime que la Suisse prend très au sérieux la problématique de l'islam radical, mais qu'on ne peut pas aller jusqu'à surveiller tout le monde à titre préventif.

Alessandro Della Valle, Keystone

C'est une égalité parfaite, 91 à 91, qui a est apparue sur l'écran lors du vote ce mardi d'une motion de l'UDC intitulée «Halte à l'expansion de l'islam radical en Suisse!» Autant de points verts que de points rouges. D'un côté ceux de l'UDC et du PDC, de l'autres le reste du Parlement, avec quelques exceptions et abstentions (PLR). Dans ces cas-là, c'est la présidence qui tranche. En l'occurrence la Tessinoise Marina Carobbio (PS/TI) a coulé la motion.

Cinq mesures drastiques

Déposée en 2017, cette motion demandait cinq types de mesures drastiques pour lutter contre l'islam radical: l'interdiction de financer depuis l'étranger des lieux de prière ou des organisations islamiques, la surveillance de toutes les mosquées et leur fermeture «à la moindre entorse juridique», la mise en place d'un système d'informations entre communes et cantons, l'engagement de spécialistes connaissant l'islam et les langues pour surveiller les mosquées et l'interdiction dans les ambassades de délivrer des visas pour les imams qui voudraient venir prêcher en Suisse.

Des mesures déjà prises

La cheffe du Département de justice et police, Karin Keller-Sutter, s'est opposée à ce texte au nom du Conseil fédéral: «Je voudrais ne laisser aucun doute sur le fait que le Conseil fédéral combat tous les courants radicaux, qu’ils soient religieux, islamistes ou même extrémistes de droite ou de gauche.» Elle estime que depuis 2017, beaucoup de choses ont été faites. La police fédérale, Fedpol, «peut imposer des interdictions d’entrée et des expulsions de prédicateurs étrangers. Les personnes qui se trouvent déjà en Suisse peuvent être refoulées. En outre, dans le domaine de la protection préventive de l’État, les organes de sécurité de la Confédération et des cantons sont autorisés à traiter les informations relatives aux imams islamistes.»

D'autres réformes en cours

Elle ajoute que de réformes du code pénale sont en cours pour lutter contre les organisations criminelles et mafieuses et contre le blanchiment d'argent utilisé spécifiquement à des fins terroristes. Pour la conseillère fédérale, la problématique de l'islamisme radical est donc «prise au sérieux».

Des limites à ne pas franchir...

Par contre, elle estime que le contrôle de toutes les mosquées n’est pas possible: «Cela violerait le principe de proportionnalité et les principes juridiques de la collecte préventive de renseignements par la police. Dans la sécurité de l'État, nous avons des limites en matière de renseignement. Il n’est pas possible de surveiller simplement de manière préventive, sans raison spéciale.»

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