07.08.2013 à 16:26

DiplomatieLa tension monte en flèche autour de Gibraltar

Territoire britannique revendiqué par l'Espagne, Gibraltar est un centre de tensions majeures entre les deux pays. Le ton monte entre David Cameron et Mariano Rajoy.

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Le «Rocher» de la discorde. Cédé en 1713 à la Grande-Bretagne aux termes du traité d'Utrecht, Gibraltar, un territoire de 7 km2 peuplé de 30'000 habitants situé dans le sud de la péninsule ibérique, est au centre de tensions récurrentes entre Londres et Madrid, qui en revendique la souveraineté.

Le «Rocher» de la discorde. Cédé en 1713 à la Grande-Bretagne aux termes du traité d'Utrecht, Gibraltar, un territoire de 7 km2 peuplé de 30'000 habitants situé dans le sud de la péninsule ibérique, est au centre de tensions récurrentes entre Londres et Madrid, qui en revendique la souveraineté.

Reuters
L'Espagne affirme n'avoir cédé à perpétuité à Londres que la ville et le château de Gibraltar, ainsi que le port et les fortifications, mais pas ses eaux, ce qui entraîne régulièrement des différends liés aux droits de pêche.

L'Espagne affirme n'avoir cédé à perpétuité à Londres que la ville et le château de Gibraltar, ainsi que le port et les fortifications, mais pas ses eaux, ce qui entraîne régulièrement des différends liés aux droits de pêche.

Reuters
Un navire de la Royal Navy est arrivé lundi matin 19 août au port du territoire britannique de Gibraltar. La frégate, partie le 13 août d'Angleterre, doit participer - avec neuf autres vaisseaux britanniques dont quatre bâtiments de guerre - à des manoeuvres militaires en Méditerranée et dans le Golfe. (Lundi 19 août 2013)

Un navire de la Royal Navy est arrivé lundi matin 19 août au port du territoire britannique de Gibraltar. La frégate, partie le 13 août d'Angleterre, doit participer - avec neuf autres vaisseaux britanniques dont quatre bâtiments de guerre - à des manoeuvres militaires en Méditerranée et dans le Golfe. (Lundi 19 août 2013)

Keystone

«Risque d'endommagement des relations bilatérales», «décision inacceptable»: le ton est monté mercredi entre l'Espagne et la Grande-Bretagne autour de Gibraltar. Ce petit territoire britannique revendiqué par l'Espagne est un point d'achoppement majeur entre les deux pays.

Le Premier ministre britannique David Cameron a averti son homologue Mariano Rajoy que les récentes tensions concernant Gibraltar risquaient d'endommager les relations bilatérales entre le Royaume-Uni et l'Espagne, a annoncé Downing Street.

David Cameron a appelé Mariano Rajoy pour lui exprimer «ses vives inquiétudes à propos des actions espagnoles à la frontière avec Gibraltar et des suggestions de la part du ministre espagnol des Affaires étrangères José Manuel Garcia-Margallo selon lesquelles de nouvelles mesures pourraient être prises», a indiqué un porte-parole du Premier ministre britannique dans un communiqué.

Dialogue malgré tout

«Le Premier ministre a dit clairement que notre position sur la souveraineté de Gibraltar et sur ses eaux environnantes ne changerait pas», a poursuivi le porte-parole. Le Premier ministre britannique a néanmoins indiqué être ouvert au dialogue, dit-on dans l'entourage de David Cameron.

Quant à son homologue espagnol Mariano Rajoy, il a dit être «d'accord pour que cette question ne constitue pas un obstacle dans les relations bilatérales et que nous devions trouver un moyen de parvenir à une désescalade (du conflit)», précisent les services du Premier ministre britannique dans un communiqué.

Et ce, même si «la décision unilatérale d'installer des blocs de béton dans la baie d'Algeciras est inacceptable», comme l'a indiqué peu avant le gouvernement espagnol dans un communiqué.

Le ministre britannique des Affaires étrangères, William Hague, et son homologue espagnol, José Manuel Garcia Margallo, ont été chargés de dialoguer pour calmer la situation. Ils se sont notamment engagés à créer des groupes de travail.

Le récif de la discorde

La question de Gibraltar, où Londres a longtemps maintenu une importante présence militaire, est un point d'achoppement majeur des relations hispano-britanniques.

Madrid revendique la souveraineté du «Rocher», un territoire britannique d'outre-mer appartenant à la Couronne depuis 1704 où vivent 30'000 habitants.

Depuis quelques semaines, l'enclave britannique est l'objet d'un regain de tension diplomatique entre Londres et Madrid, à la suite de la décision des autorités de Gibraltar de construire un récif artificiel en béton dans la Méditerranée pour mettre fin aux incursions dont ils accusent les pêcheurs espagnols.

Gibraltar accuse l'Espagne d'avoir multiplié les contrôles à la frontière par mesure de représailles. La tension s'est encore accrue quand le ministre espagnol des Affaires étrangères a affirmé dimanche envisager un droit de péage de 50 euros pour entrer ou sortir du territoire britannique.

(ats)

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