06.02.2015 à 20:46

Affaire CarltonLa théorie du complot resurgit au procès de DSK

La théorie du complot contre l'ex-patron du FMI a resurgi ce vendredi. Dominique Strauss-Kahn sera entendu mardi.

Dominique Strauss-Kahn a assuré n'être «jamais» allé au Carlton et a nié connaître le tandem Kojfer-«Dodo la Saumure» (ce dernnier est représenté ci-dessus) à la barre.

Dominique Strauss-Kahn a assuré n'être «jamais» allé au Carlton et a nié connaître le tandem Kojfer-«Dodo la Saumure» (ce dernnier est représenté ci-dessus) à la barre.

AFP

La théorie du complot contre Dominique Strauss-Kahn a resurgi vendredi 6 février au procès qui doit trancher sur l'implication de l'ancien patron du FMI dans un réseau de prostitution. L'un des treize co-accusés a dénoncé une affaire gonflée pour abattre l'ex-politicien vedette.

«Tout est orchestré, tout est organisé», a affirmé devant le tribunal correctionnel de Lille (nord de la France) Emmanuel Riglaire, un avocat qui figure lui aussi parmi les prévenus. Il a dénoncé une affaire montée dans le but de «cueillir» l'ancien directeur général du Fonds monétaire international, qui sera entendu à la barre la semaine prochaine.

«Destruction d'un presque candidat»

«Je pense qu'il n'y a pas eu de complot contre un homme politique au départ mais que cela le devient après», a-t-il affirmé. Il s'est emporté contre «un cabinet noir à Paris» qui, selon lui, s'intéressait de près au dossier et organisait des fuites dans la presse.

«C'est la destruction d'un presque candidat à la présidentielle quand il est mûr», a-t-il ajouté, en allusion à la carrière politique ruinée de l'ancienne vedette de la gauche française.

Dénonciation anonyme

Longtemps favori des sondages pour la présidentielle de 2012 en France, Dominique Strauss-Kahn a vu ses ambitions anéanties en 2011, lorsqu'une femme de chambre d'un grand hôtel de New York l'a accusé de viol.

C'est parallèlement à ce tonitruant scandale américain qu'avait éclaté en France l'affaire jugée à Lille, dite du «Carlton» en référence à un luxueux hôtel de la ville.

L'un des responsables de l'établissement, René Kojfer, est accusé d'y avoir fait venir des prostituées fournies par Dominique Alderweireld, tenancier français de maisons closes en Belgique, surnommé «Dodo la Saumure», pour satisfaire quelques clients.

L'enquête au cours de laquelle le nom de Dominique Strauss-Kahn avait émergé avait été ouverte par la police de Lille sur la base de renseignements anonymes.

DSK à la barre mardi

Poursuivi pour proxénétisme aggravé, l'ancien patron du FMI doit être interrogé à la barre à partir de mardi lors d'une audience clé pour l'issue de ce procès fleuve de trois semaines.

Dominique Strauss-Kahn n'est apparu jusqu'ici que brièvement au procès, lors de son ouverture lundi. Il a assuré n'être «jamais» allé au Carlton et a nié connaître le tandem Kojfer-«Dodo la Saumure», organisateurs présumés de parties fines auxquelles il aurait participé.

Lille, Paris, Washington

Selon l'accusation, plusieurs soirées se sont tenues au bénéfice de DSK, avec trois notables lillois de ses proches eux aussi poursuivis: David Roquet, un homme d'affaires, Fabrice Paszkowski, un entrepreneur, et Jean-Christophe Lagarde, un policier.

Les quatre hommes se retrouvaient dans le nord mais aussi à Paris ou à Washington, siège du FMI, où trois voyages ont été organisés alors que Dominique Strauss-Kahn dirigeait encore l'institution.

(ats)

Votre opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!