Londres - La toile «autodétruite» de Banksy revient aux enchères
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LondresLa toile «autodétruite» de Banksy revient aux enchères

Le 5 octobre 2018, «La fille au ballon» avait été déchiquetée, après sa vente à près de 1,3 million de francs. La propriétaire pourrait bientôt en recevoir six fois plus.

«La fille au ballon», rebaptisée «L’amour est dans la poubelle» après avoir été à moitié déchiquetée, sera revendue aux enchères le 14 octobre.

AFP

Une toile du street-artist britannique Banksy, dont l’autodestruction partielle, lors de sa vente, en 2018, avait provoqué la stupéfaction dans le monde entier, va être de nouveau proposée aux enchères le 14 octobre à Londres, a annoncé, vendredi, Sotheby’s.

«La fille au ballon», rebaptisée «L’amour est dans la poubelle» («Love is in the bin»), est estimée entre quatre et six millions de livres sterling (entre cinq et 7,6 millions de francs), a indiqué la maison d’enchères dans un communiqué. Le prix attendu, susceptible d’être dépassé, est de quatre à six fois plus élevé que la vente originale à une collectionneuse anonyme, qui se prépare à réaliser une très bonne opération.

«Il est temps de s’en séparer»

À l’époque, juste après son acquisition, un broyeur dissimulé dans le cadre avait réduit en lambeaux la moitié inférieure de la toile, qui montre une petite fille lâchant un ballon rouge en forme de cœur, ne laissant voir que le ballon sur fond blanc. Avec cette action retentissante, qui avait provoqué un séisme dans le milieu de l’art, le mystérieux artiste de rue avait pour ambition de dénoncer la «marchandisation» du marché de l’art.

Sotheby’s a qualifié la destruction de «happening artistique le plus spectaculaire du XXIe siècle», la plaçant dans l’«héritage dart anti-establishment qui a commencé avec le mouvement Dada et Marcel Duchamp». «Lors de cette soirée surréaliste, il y a trois ans, je suis devenue par accident la privilégiée propriétaire de ‘L’amour est dans la poubelle’», a rappelé l’acheteuse, citée dans le communiqué de Sotheby’s. «Mais il est maintenant temps de s’en séparer.»

L’œuvre préférée des Britanniques

Avant même la vente, le graff, réalisé au pochoir sur un mur de la rive sud de Londres, en 2002, avait déjà été désigné comme l’œuvre d’art préférée des Britanniques. Depuis l’événement, Banksy affole les ventes aux enchères, où ses fresques atteignent des records. En mars dernier, «Game Changer», une toile mettant à l’honneur les soignants en période de pandémie de coronavirus, s’était vendue, chez Christies, à 16,75 millions de livres (21,2 millions de francs).

Banksy s’est fait connaître par une série de graffitis apparaissant sur des bâtiments. L’artiste urbain, qui maintient l’anonymat, aime provoquer et éveiller les consciences par son art. En 2005, il avait réalisé le graffiti «Le lanceur de fleurs» sur un mur de Jérusalem, représentant un manifestant masqué sur le point de lancer un bouquet de fleurs. Le street-artist utilise également sa bombe de graffeur pour manifester son opposition au Brexit et son soutien aux migrants.

Version originale publiée sur 20min.ch

(AFP)

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