Dans le Jura bernois, la tour de Mario Botta mutilée et c'est un mystère total
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Jura bernoisLa tour de Mario Botta mutilée: mystère total

Des promeneurs ont découvert des marches en béton tombées au pied d’un édifice panoramique dessiné par l’architecte tessinois et construit par des apprentis, à la montagne de Moron.

par
Vincent Donzé
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Treize lourdes marches d’une tour panoramique se sont écrasées sur le sol, à Moron.

Treize lourdes marches d’une tour panoramique se sont écrasées sur le sol, à Moron.

André Mercerat
Six marches du second palier ont emporté sept marches du premier palier.

Six marches du second palier ont emporté sept marches du premier palier.

André Mercerat
Avec des marches encastrées dans du béton, les dégâts seront difficilement réparables.

Avec des marches encastrées dans du béton, les dégâts seront difficilement réparables.

André Mercerat

Les premiers touristes de la journée ont découvert le désastre samedi matin, avec parmi eux le politicien André Mercerat (UDC), qui siège au Conseil du Jura bernois: les escaliers en colimaçon d’une tour panoramique de 30 mètres se sont partiellement effondrés: treize des 191 marches en pierre sont tombées, ce qui représente quinze tonnes de pierre.

En tombant, six marches du deuxième palier ont emporté dans leur chute sept marches du premier palier. Que s’est-il passé? «Vraiment aucune idée, attendons les analyses», répond André Mercerat, qui habite à Champoz.

65 000 heures

La foudre est-elle tombée sur la tour dessinée par l’architecte tessinois Mario Botta et construite en 2004 par des apprentis maçons, moyennant… 65 000 heures de travail, d’où son appellation «Tour de la formation professionnelle»?

«Ce n’est pas la foudre: les fusibles sont en bon état», répond André Mercerat. Ce randonneur est soulagé: il n’y a pas de blessé. «Ça remonte à la nuit, heureusement», remarquait-il samedi. La tour est accessible 24 heures sur 24, mais aucun touriste ne s’y trouvait lorsque des marches sont lourdement tombées.

Aucune infiltration

Président de la Fondation de la Tour de Moron, Henri Simon a confié son désarroi à la radio «RFJ»: «Comment une chose pareille a-t-elle pu se passer?» La destruction partielle de la Tour de Moron est un crève-cœur pour lui.

Contrôlée avant la construction par un laboratoire polytechnique de Zurich, la pierre calcaire était aussi solide que du granit. Aucune infiltration, aucune préfissuration n’étaient répertoriées

Qualité initiale

La pierre semblait en parfait était, mais a-t-elle perdu sa qualité initiale? Rien ne l’indique. Henri Simon préfère évoquer un acte de vandalisme constaté il y a quatre ans, lorsque des marques sur une marche fissurée ont indiqué l’utilisation d’un pied de biche.

Présent samedi à Reconvilier pour l’explosion d’un bancomat, le service des explosifs de la police zurichoise s’est déplacé, mais aucune trace d’explosif n’a été décelée. Des clarifications sont en cours et toutes les directions sont explorées par la police cantonale bernoise.

Durée indéterminée

L’accès à la Tour de Moron est fermé pour une durée indéterminée. La sécurisation du site, l’évacuation des gravats et la reconstruction du monument prendront une ou plusieurs années. Les marches sont incrustées dans le noyau en béton et selon Henri Simon, creuser des niches d’encastrement n’est pas chose aisée pour des marches si lourdes.

Faudra-t-il remplacer les marches détruites avec du métal? Ou refaire l’entier de l’escalier avec une structure métallique? Ce qui paraît sûr aux yeux d’Henri Simon, c’est qu’il y aura une facture à sept chiffres.

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