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UrbanismeLa tour Taoua est refusée à Lausanne

Les Lausannois ont dit non à la construction de la tour Taoua sur le site de Beaulieu à 51,9%. La participation s'est élevée à 37,4%.

Taoua devait être une tour multifonctions, avec 90 appartements.

Taoua devait être une tour multifonctions, avec 90 appartements.

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Taoua ne sera pas construite. Les Lausannois ont refusé dimanche à 51,9% des voix la construction de la tour de 87 mètres sur le site de Beaulieu. Partisans comme opposants veulent remettre l'ouvrage sur le métier de manière plus concertée cette fois. L'exploitant du site souhaite un nouveau projet le plus vite possible.

Par 16'296 voix contre 15'094 , les Lausannois ont fini par dire «non» à la tour Taoua de 27 étages qui a divisé, voire enflammé, les esprits durant la campagne référendaire. La participation s'est élevée à 37,4%.

Située très près du centre-ville, la tour devait compléter la relance du site de Beaulieu dans lequel des millions ont déjà été investis. Pour les adversaires du projet, Taoua relevait du non-sens urbanistique, économique et écologique.

Claque pour l'exécutif

Les Verts, l'UDC, La Gauche, le collectif Beau-Lieu et le Mouvement de défense de Lausanne (MDL) ont milité contre Taoua. Le projet était soutenu par la municipalité ainsi que par les partis socialiste et libéral-radical.

«Je regrette ce résultat pour notre projet qui était bon, mais le peuple a tranché», a déclaré Daniel Brélaz. Il est «exclu» de revenir dans un avenir proche avec une initiative semblable.

Pas de plan B

«On constate que les opposants à Taoua ne contestent pas l'avenir du site de Beaulieu. Nous n'avons pas de plan B pour la suite. Nous allons nous concerter avec toutes les parties. Nous sommes très ouverts, totalement zen», a affirmé le syndic vert de Lausanne.

Taoua devait être une tour multifonctions, avec 90 appartements, les deux tiers vendus en PPE et le reste proposé à des loyers contrôlés et accessibles. Outre des bureaux, deux hôtels étaient prévus ainsi que la venue de l'Ecole de santé de La Source. La création de 250 emplois au total était annoncée par les partisans de Taoua.

Pas contre le dynamisme

Le développement de la ville «n'est pas remis en cause» par ce vote sur Taoua. «C'est un rejet spécifique, celui de la tour Taoua de Beaulieu, pas du dynamisme lausannois», a affirmé Grégoire Junod, municipal socialiste, responsable du logement et de la sécurité.

Même si tous ou presque n'ont pas voulu interpréter dimanche ce vote comme une suite du scrutin du 9 février, la municipalité lausannoise a estimé nécessaire de l'affirmer noir sur blanc dans son communiqué. Densification, croissance économique et démographique «ne sont pas remises en cause». «La décision s'est probablement faite sur l'aspect visuel du projet», écrit-elle.

Ballons décisifs

Co-président du comité référendaire, Laurent Marmier s'est dit «très satisfait» des résultats. Ce qui a manqué dans ce projet, «c'est la démarche participative en amont». A son avis, les ballons mis en place comme gabarits ont fait pencher la balance. Les gens se sont alors rendu compte que Taoua serait «gigantesque».

«C'est un soulagement», s'est exclamé Vincent Rossi, président des Verts lausannois. Ce rejet, c'est celui «d'un urbanisme des années 1960 qui ne séduit pas les Lausannois. Il a été sanctionné. Les Verts veulent proposer une alternative au plus vite, avec une densification étagée de qualité».

Plus direct, le MdL a demandé que les tours soient «définitivement exclues de tout projet immobilier». La forme de la tour est «en totale contradiction avec une densification quantitative et qualitative».

Besoin vital d'hôtels

L'exploitant de Beaulieu n'a pas caché son inquiétude. MCH Beaulieu Lausanne SA a appelé à la réalisation d'un nouveau projet «le plus rapidement possible». Une capacité hôtelière attractive est «essentielle» à la bonne marche des foires et congrès.

Le vote négatif ne remet cependant «pas en cause l'intérêt du groupe MCH pour le site de Beaulieu», a affirmé Stephan Peyer, directeur général.

Sort divers

Le sort des tours dans la région reste difficilement explicable. Bussigny a refusé la sienne en septembre 2012, mais Chavannes-près-Renens a dit «oui» à son projet en février dernier, à la surprise générale.

(ats)

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