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SuisseLa traite des êtres humains doit être mieux combattue

La traite des êtres humains doit être mieux combattue en Suisse, a affirmé vendredi à Genève la conseillère fédérale Simonetta Sommaruga, qui a lancé la première semaine suisse contre la traite des personnes.

Simonetta Sommaruga lors de son discours à Genève, le 18 octobre 2013.

Simonetta Sommaruga lors de son discours à Genève, le 18 octobre 2013.

Keystone

La traite des êtres humains doit être mieux combattue en Suisse, a affirmé vendredi à Genève la conseillère fédérale Simonetta Sommaruga. Elle a lancé avec quatre organisations internationales la première semaine suisse contre la traite des personnes.

Plus de 20 millions de personnes dans le monde sont victimes du travail forcé, de la traite, de formes d'esclavage moderne. En Suisse, la traite des êtres humains est présente dans les métiers du sexe, le travail domestique, l'agriculture, la restauration et sur les chantiers, a affirmé la cheffe du Département fédéral de justice et police (DFJP).

«Cette activité criminelle, l'une des plus lucratives à côté du commerce des armes et du trafic de drogue, se déroule dans l'ombre. Seule la pointe de l'iceberg est aujourd'hui visible», a déclaré la conseillère fédérale.

Simonetta Sommaruga a expliqué que le lancement de cette semaine dans toute la Suisse vise à mieux sensibiliser la population, les cantons, les autorités de police et judiciaires. Cela doit permettre de retrouver plus facilement les victimes et de mieux les protéger ensuite. Trouver les victimes et les protéger

Les victimes viennent de milieux défavorisés et sont attirées en Suisse par de fausses promesses. Un plan d'action a été lancé en 2012 contre la traite des êtres humains, mais les poursuites pénales restent un énorme défi, selon la conseillère fédérale.

«Le risque d'être arrêté est très faible et les profits sont importants. Il est indispensable de renverser cette situation», a dit Simonetta Sommaruga. La nouvelle loi sur la protection des témoins est un acquis essentiel, mais «cela ne suffit pas», a estimé la cheffe du DFJP.

«Le problème est de trouver les victimes le plus souvent cachées», a-t-elle souligné. En Suisse, 78 cas ont donné lieu à des dénonciations en 2012. La Fondation d'aide aux victimes «Au coeur des grottes» a pour sa part assisté à Genève 90 femmes victimes d'esclavage domestique de 1997 à 2012.

Le «Groupe de Genève» composé du Haut Commissariat de l'ONU aux réfugiés (HCR), du Haut Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme (HCDH), de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) et de l'Organisation internationale du travail (OIT) a réaffirmé vendredi sa détermination à renforcer la lutte sur le plan international. Migrants et demandeurs d'asile

«Je reviens de Lampedusa et je repars pour Malte. Je suis émotionnellement choqué par ce que j'ai vu. Il faut affronter le problème de manière beaucoup plus efficace», a déclaré le directeur général de l'OIM Lacy Swing. Les migrants sont particulièrement vulnérables à l'exploitation, a-t-il observé.

Le directeur de la protection du HCR Volker Türk a fait remarquer que le déplacement de nombreuses personnes, comme actuellement dans la crise syrienne, accroît les occasions de trafic d'êtres humains. «C'est un gros business», a-t-il dit. Il a aussi fait remarquer que les restrictions aux frontières pour l'entrée des demandeurs d'asile ont tendance à renforcer l'immigration clandestine et l'exploitation par des passeurs.

La Haut Commissaire aux droits de l'homme Navi Pillay a pour sa part souligné la nécessité de traiter le mal à ses racines dans les pays pauvres et là où les droits de l'homme ne sont pas respectés.

Plusieurs manifestations en Suisse

Une coalition de 27 organisations, dont la Confédération, des cantons, les organisations internationales et des oeuvres d'entraide organisent cette semaine plusieurs manifestations contre la traite en Suisse. Au total, 18 manifestations auront lieu dans 12 cantons différents jusqu'au 25 octobre.

(ats)

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