Suisse: La transmission au DDPS s'est résumée à une feuille A4
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SuisseLa transmission au DDPS s'est résumée à une feuille A4

Lorsque Ueli Maurer a remis les clés du département à Guy Parmelin, les gros dossiers étaient résumés sur une page A4. Le projet de défense sol-air n'y figurait pas.

par
Pascal Schmuck
Zurich
Le passage de témoins entre Guy Parmelin (à gauche) et Ueli Maurer a peut-être été un peu trop sobre.

Le passage de témoins entre Guy Parmelin (à gauche) et Ueli Maurer a peut-être été un peu trop sobre.

Keystone

La transmission de pouvoir est un exercice délicat, comme le montre l'actualité de la Maison Blanche aux États-Unis. La Suisse n'est pas épargnée, comme l'a montré la reprise du Département fédéral de la défense de la protection de la population et des sports (DDPS) par Guy Parmelin.

Lorsqu'Ueli Maurer a remis les clés de son département au nouveau Conseiller fédéral vaudois, il lui a remis une obligation d'information, a expliqué le conseiller aux Etats Hans Stöckli (PS/BE), président de la commission de gestion. Cette dernière enquête sur le gel par Guy Parmelin du projet de défense sol-air (BODLUV pour Bodengestützte Luftverteidigung).

Manque d'explications

La commission a découvert que lors de la transmission du département, Guy Parmelin n'avait reçu qu'une simple feuille A4 sur les gros dossiers en cours. Et la défense sol-air n'y figurait pas, rapporte la Neue Zürcher Zeitung dans son édition du 6février.

La commission s'attendait à ce que de telles affaires fassent l'objet d'explications lors de l'arrivée d'un nouveau Conseiller fédéral, a déclaré Hans Stöckli. Ne serait-ce que pour permettre au nouveau venu de reprendre les tâches dans les meilleures circonstances.

Le DDPS calme le jeu

La liste d'Ueli Maurer ne contenait que 30 gros dossiers. Or Guy Parmelin, lorsqu'il a ordonné une revue des activités du DDPS en janvier 2016, a reçu une liste en 31 points. Qui comprenait cette fois BODLUV, extrapole le journal zurichois.

Le département ne fait aucun reproche à Ueli Maurer car le passage de témoin est organisé selon une liste de la Chancellerie fédérale. Et BODLUV faisait partie des classeurs transmis à cette occasion, a affirmé un porte-parole du DDPS.

Guy Parmelin blâmé

Pour Hans Stöckli, la faute incombe plutôt à Guy Parmelin, même si son prédécesseur aurait dû l'informer sur la portée politique des projets. Il reproche au ministre vaudois de ne pas avoir cherché à s'entretenir avec Ueli Maurer avant le gel du projet.

La checkliste traditionnelle fait également l'objet de critiques, puisqu'elle ne dit rien sur la mise en pratique. Le passage de témoin entre deux Conseillers fédéraux se résume à une rencontre entre quatre yeux. Quant à la présentation des dossiers en cours, qui comprend une analyse de risque, elle est laissée au secrétaire général et non au patron du département.

Quant à la valeur de la checkliste et sa mise en œuvre, la commission de gestion du Conseil des Etats veut en discuter en mai lors de sa prochaine rencontre avec le Conseil fédéral. Pour Hans Stöckli, la meilleure des listes ne sert à rien si on ne peut l'appliquer..

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