Publié

AnimauxLa transparence des tarifs vétérinaires doit être améliorée

La nouvelle présidente de la Société des Vétérinaires suisses (SVS), Julika Fitzi, veut veiller à apporter davantage de transparence.

ARCHIVES / PHOTO D'ILLUSTRATION

Les vétérinaires peuvent aujourd'hui appliquer n'importe quel tarif pour leurs prestations. Un contrôle ou une comparaison des prix est difficile. La nouvelle présidente de la Société des Vétérinaires suisses (SVS), Julika Fitzi, veut veiller à apporter davantage de transparence.

La SVS s'est donné pour priorité d'élaborer un modèle de calcul qui garantisse une plus grande transparence dans l'établissement des tarifs. «Nous allons aborder la question rapidement car les différences de prix sont souvent inexplicables pour nos clients», a déclaré Julika Fitzi.

La SVS va ouvrir des discussions avec la Commission de la concurrence (COMCO) sur la manière de fixer les tarifs. La Comco s'est déjà fâchée une fois avec la branche, l'accusant de s'être entendue de manière illégale sur des recommandations de prix.

Pour la Comco, la balle est d'abord dans le camp des vétérinaires. Ceux-ci doivent élaborer une proposition conforme à la loi et la Comco tranchera, a indiqué à l'ats Patrik Ducrey, directeur suppléant de la Comco.

Transparents et comparables

«Pour nous il importe d'avoir des tarifs transparents et de pouvoir les comparer», relève pour sa part Sara Stalder, directrice de la fondation alémanique pour la protection des consommateurs SKS. Mais elle se montre réservée sur des recommandations de tarifs car cela a tendance à faire monter les prix.

Pour elle, les prix devraient au minimum être affichés dans le cabinet. Il revient au Secrétariat d'Etat à l'économie (seco) de faire son devoir de surveillance.

Aujourd'hui, de grosses disparités existent: pour une stérilisation d'une chienne de 25 kg, narcose et traitement inclus, le prix peut varier de 400 à 900 francs selon les régions et le vétérinaire.

Depuis plus d'un an

La transparence est pourtant exigée depuis le 1er avril 2012, date de la révision de l'ordonnance sur l'indication des prix. Le Conseil fédéral a étendu la règle à la branche des vétérinaires.

Or souvent les propriétaires cherchent en vain la liste des prix dans la salle d'attente. Selon une enquête de la Fédération romande des consommateurs (FRC), aucune affichette n'était visible dans presque 60% des cas.

Il n'en n'a pas toujours été ainsi: en 2004, la SVS avait élaboré des recommandations de tarifs pour les interventions courantes. Mais après environ une année, elles ont été retirées sous pression de la Comco, rappelle Martin Seewer, ancien responsable des questions économiques à la SVS.

D'abord, nos propositions de tarifs ont été restreintes puis finalement complètement écartées, explique le vétérinaire retraité. «Pour nous, il était trop risqué d'attendre une éventuelle enquête de la Comco dont les résultats étaient incertains», ajoute-t-il pour expliquer le retrait de ces recommandations. Cela aurait pu coûter plusieurs centaines de milliers de francs à la SVS rien que pour les investigations.

Médicaments trop chers

Les médicaments à usage vétérinaire sont également dans le viseur de la Comco, qui avait déjà dû mettre une fois son veto. Les vétérinaires avaient proposé à l'époque de vendre à leur clientèle les produits une fois et demi plus cher que leur valeur d'achat. Les surveillants de la concurrence avaient sanctionné une entente illégale sur les prix.

Reste qu'il n'y a toujours pas de transparence sur les médicaments pour animaux. Une enquête du Surveillant des prix publiée en février dernier a révélé que les vétérinaires suisses paient en moyenne 70% de plus que leurs homologues étrangers pour ces marchandises.

Un médicament pour porcs et bovins agissant sur le squelette et les muscles était particulièrement surtaxé. Or même après correctif , la différence de prix restait de plus de 300%. Le chiffre d'affaires annuel des médicaments à usage vétérinaire est estimé à environ 150 millions de francs.

(ats)

Votre opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!