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RhinocérosLa traque sans limites

Pour son plus grand malheur, sa corne se négocie au marché noir à un prix stratosphérique. Le pachyderme est massacré dans son habitat naturel mais désormais aussi dans les zoos, à l’image du drame vécu au parc animalier de Thoiry, près de Paris.

par
Geneviève Comby
La population de rhinocéros dans le monde ne compte plus que 29 000 individus alors qu’elle était d’un demi-million au début du siècle dernier, selon Save the Rhinos International.

La population de rhinocéros dans le monde ne compte plus que 29 000 individus alors qu’elle était d’un demi-million au début du siècle dernier, selon Save the Rhinos International.

Jamie McCarthy / Getty Images

Le souvenir de ce mardi 7 mars hantera longtemps les employés du zoo de Thoiry, près de Paris. C’est une vision d’horreur qui les attendait dans la Plaine africaine du parc: «Vince», un rhinocéros blanc de 5 ans, abattu de trois balles de fusil de chasse. Trois balles tirées en pleine tête durant la nuit. Une des cornes du pachyderme a été dérobée, probablement coupée à l’aide d’une tronçonneuse. La seconde est restée sur place, partiellement tranchée.

Immédiatement, la piste criminelle est pointée du doigt. «L’incident en lui-même est choquant, bien sûr, mais d’une certaine manière il montre bien jusqu’à quelles extrémités les criminels sont prêts à aller pour mettre la main sur des cornes de rhinocéros», observe Richard Thomas, de l’organisation internationale TRAFFIC, un réseau de surveillance du commerce de la faune et de la flore sauvages. Il faut dire qu’au marché noir, la corne de rhinocéros se négocie à un prix stratosphérique, entre 40 000 et 60 000 euros le kilo, selon les estimations, soit plus que l’or ou la cocaïne (lire l’encadré). Commerce interdit depuis 1977

L’enjeu est de taille. Fin janvier, Interpol annonçait d’ailleurs le lancement d’un nouveau projet destiné à identifier et démanteler les réseaux de crime organisé impliqués dans le trafic d’espèces sauvages. Dans sa ligne de mire: le commerce d’ivoire, de grands félins et de cornes de rhinocéros. Un trafic contre lequel l’organisation a mené plusieurs actions d’envergure ces dernières années. Tout comme Europol qui, en juin 2015, annonçait que l’Opération COBRA III, la plus grande jamais coordonnée contre le commerce illégal d’espèces menacées, avait notamment permis de mettre la main sur au moins 119 cornes de rhinocéros.

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