France – La triste mort d’un photographe suisse en pleine rue à Paris
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FranceLa triste mort d’un photographe romand en pleine rue à Paris

René Robert, portraitiste de flamenco, est tombé au sol dans un quartier fréquenté de la ville. Il y est resté des heures sans que personne ne l’aide.

par
Michel Pralong
René Robert est devenu amoureux du flamenco pour sa différence de tempérament avec son pays, la Suisse.

René Robert est devenu amoureux du flamenco pour sa différence de tempérament avec son pays, la Suisse.

Flamencophil

Cette histoire tragique, c’est son ami le journaliste de France info Michel Mompontet qui l’a racontée. Le 19 janvier, le photographe suisse René Robert sort faire quelques pas dans son quartier, rue de Turbigo, à Paris. Il est 21 h 30 environ lorsqu’il tombe. A-t-il fait un malaise, ou a-t-il trébuché, on l’ignore. Mais il reste étendu sur le trottoir. Et personne ne l’aide. Selon le journaliste, qui a narré cette tragédie hier soir sur Francetvinfo, les secours ne seraient arrivés que vers 6 h 30, enfin alertés par un SDF.

Les pompiers de Paris confirment avoir reçu un appel, mais plutôt vers 5 h 30, pour un homme «allongé au sol, avec un traumatisme crânien et du sang», selon ActuParis. Il est transporté à l’hôpital, en urgence absolue et en état d’hypothermie. Il y décédera peu après.

Michel Mompontet avait d’abord posté quelques tweets sur cette mort révoltante, dans l’indifférence générale, en plein cœur de Paris. Devant l’émotion qu’ils ont suscité, il a décidé d’en faire l’édito de sa chronique à la télévision, histoire aussi de rendre hommage à René Robert.

Né le 4 mars 1936 à Fribourg, René Robert découvre la photo vers 12 ans, initié par un ami. Il aimerait s’y consacrer rapidement, mais son père lui dit de passer son bac d’abord. Une fois cela fait, il aurait aimé intégrer l’école de photo de Vevey, raconte-t-il dans une interview donnée en 2018 à un site sur le flamenco. Mais encore une fois, son père refuse de la lui payer. Alors il fait un apprentissage de 3 ans chez un photographe à Lausanne avant d’aller travailler dans une agence de presse à Genève. L’expérience ne le convainc pas et il décide de monter à Paris.

C’est là que quelque temps plus tard, une Suédoise rencontrée par hasard et venue apprendre à Paris… le flamenco, lui fait découvrir cet art. René Robert en deviendra l’un des grands portraitistes, photographiant en noir et blanc des sommités tel Paco de Lucia. «Le déclic, ça a été la différence de tempérament avec mon pays, la Suisse», confiait-il au «Midi Libre» à l’occasion d’une rétrospective de son travail en 2015 à Nîmes. On lui doit plusieurs livres de photographies, dont «La Rage et la Grâce» et «Flamenco attitudes».

«Si cette mort atroce peut servir à quelque chose ce serait ceci, écrit Michel Mompontet. Quand un humain est couché sur le trottoir, aussi pressé que nous soyons, vérifions son état. Arrêtons-nous un instant». Le journaliste a également lancé un appel pour tenter de retrouver le SDF qui a été le seul à se soucier de son ami gisant au sol, pour le remercier. Car pas de doute pour Michel Mompontet, René Robert a été assassiné par l’indifférence des autres.

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