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Douloureux anniversaireLa Tunisie commémore son indépendance dans le deuil

Deux jours après l'attentat de Tunis, le président Béji Caïd Essebsi doit de nouveau s'adresser à la nation à l'occasion du 59e anniversaire de l'indépendance.

Le président tunisien Béji Caïd Essebsi.

Le président tunisien Béji Caïd Essebsi.

Keystone

La Tunisie commémorait ce vendredi 20 mars son indépendance dans le deuil deux jours après l'attentat sanglant contre des touristes au Musée du Bardo à Tunis. Ses auteurs, membres du groupe djihadiste Etat islamique (EI), se sont entraînés en Libye voisine, ont estimé les autorités.

Le président Béji Caïd Essebsi doit de nouveau s'adresser à la nation à l'occasion du 59e anniversaire de l'indépendance, après avoir promis une lutte «sans pitié contre le terrorisme» et assuré que le système démocratique était «bien ancré» dans son pays. Des marches «contre le terrorisme» étaient en outre prévues dans la journée à Tunis et à Djerba (sud).

La presse tunisienne se montrait pleine de défi ce vendredi 20 mars. «La Tunisie vaincra», titrait ainsi le quotidien La Presse en une, tandis qu'Assabah proclamait: «La Deuxième République l'emportera».

Revendiquée par l'EI, l'attaque est sans précédent depuis la révolution de janvier 2001 qui chassa du pouvoir le dictateur Zine el-Abidine Ben Ali. Elle a coûté la vie mercredi à 20 touristes étrangers de différentes nationalités, ainsi qu'à un policier tunisien.

Les deux assaillants se sont formés au maniement des armes en Libye, selon le secrétaire d'Etat tunisien aux affaires sécuritaires Rafik Chelly. Il s'agit de «deux éléments extrémistes salafistes takfiris. Ils ont quitté clandestinement le pays en décembre dernier pour la Libye et y ont pu se former aux armes» avant de regagner la Tunisie, a-t-il dit à la chaîne privée AlHiwar Ettounsi.

Cellules dormantes

Le terme «takfiri» signifie littéralement «celui qui lance des anathèmes» contre les personnes ne partageant pas ses croyances, mais est en général utilisé pour désigner les groupes djihadistes ou islamistes radicaux sunnites.

Ces nouvelles informations viennent appuyer les craintes de nombreux observateurs pour qui le chaos en Libye, qui partage une longue frontière poreuse avec la Tunisie, est une menace grandissante pour la sécurité de ce pays et du Maghreb en général.

Les deux assaillants, tués par les forces de sécurité durant l'attaque, étaient «des éléments suspects» faisant partie «de ce qu'on appelle les cellules dormantes, formées d'éléments présents dans les villes, connus (...) et dont nous savons qu'ils peuvent mener des opérations mais il faut rassembler les indices pour pouvoir mener une arrestation», selon M. Chelly.

(ats)

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