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DjihadistesLa Turquie envisage le recours à la force contre l'EI

Plusieurs incidents ont eu lieu ce lundi à la frontière turco-syrienne. Ankara s’apprête à soumettre au Parlement un texte l'autorisant à intervenir contre les djihadistes.

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L'Iran a arrêté 27 personnes soupçonnées de préparer des attentats. (7 août 2017)

L'Iran a arrêté 27 personnes soupçonnées de préparer des attentats. (7 août 2017)

archive/photo d'illustration, AFP
La Royal Air Force bombarde une base de l'EI. Deux avions britanniques ont participé à un bombardement de la coalition lundi contre un ancien palais de Saddam Hussein, devenu l'un des quartiers généraux de Daech ainsi qu'un centre d'entraînement pour terroristes étrangers», explique le ministère britannique dans un communiqué. (3 août 2016)

La Royal Air Force bombarde une base de l'EI. Deux avions britanniques ont participé à un bombardement de la coalition lundi contre un ancien palais de Saddam Hussein, devenu l'un des quartiers généraux de Daech ainsi qu'un centre d'entraînement pour terroristes étrangers», explique le ministère britannique dans un communiqué. (3 août 2016)

DR/Twitter
Selon les renseignements kényans, une centaine de Kényans ont rejoint les rangs de l'EI en Libye et en Syrie.

Selon les renseignements kényans, une centaine de Kényans ont rejoint les rangs de l'EI en Libye et en Syrie.

DR/Photo d'illustration, AFP

La Turquie a renforcé, lundi 29 septembre, son dispositif militaire à sa frontière avec la Syrie après avoir été visée par plusieurs obus, alors que son gouvernement s'apprête à présenter au Parlement un texte l'autorisant à intervenir contre les djihadistes du groupe de l'«Etat islamique».

Plus d'une dizaine de chars et de véhicules blindés de l'armée turque ont fait mouvement dans l'après-midi autour du poste-frontière de Mursitpinar, où au moins trois obus de mortier tirés de Syrie ont visé le territoire turc, apparemment sans faire de dégâts ni de victimes, a rapporté un photographe de l'AFP.

A quelques kilomètres de la frontière turque

Ces incidents sont survenus alors que les combats entre les djihadistes de l'EI et les combattants kurdes continuaient à faire rage autour de la ville syrienne d'Aïn al-Arab (Kobané en langue kurde) à quelques kilomètres à peine de la frontière turque.

Tard dimanche soir, un obus venu de Syrie a frappé une habitation dans la ville frontalière turque de Suruç en faisant trois blessés, a annoncé l'état-major de l'armée turque en précisant qu'il avait riposté.

A la suite de plusieurs incidents de frontière en 2012, les forces armées turques ont changé leurs règles d'engagement et répondent systématiquement, et dans les mêmes proportions, à tout tir d'origine syrienne visant leur territoire.

Le recours à la force débattu jeudi

Le gouvernement islamo-conservateur au pouvoir depuis 2002 en Turquie doit présenter mardi au plus tard au Parlement un projet de résolution autorisant le recours à la force en Irak et en Syrie qui permettrait à la Turquie de rejoindre la coalition anti-EI.

«Les motions doivent être envoyées (au parlement) demain», a déclaré le président du Parlement Cemil Ciçek cité par la chaîne d'information NTV.

Les députés doivent commencer à en débattre jeudi.

Des forces unies contre l'EI

La première de ces résolutions doit renouveler pour un an l'autorisation accordée par le Parlement aux forces armées turques pour intervenir en Irak. Ce texte permettait jusque-là à la Turquie de conduire des frappes contre les bases arrières des rebelles du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) installées dans les monts Kandil, dans l'extrême nord de l'Irak.

Le second texte, nouveau celui-là, doit accorder le même feu vert à des opérations militaires sur le territoire syrien.

Après l'avoir explicitement refusé, la Turquie semble prête à participer à son tour à l'intervention militaire engagée par la coalition formée par les Etats-Unis contre les combattants sunnites radicaux de l'EI, accusés de multiples exactions en Irak et en Syrie.

«Nous ne pouvons rester en dehors de ça»

Accusée d'avoir soutenu, voire armé, les groupes rebelles les plus extrémistes engagés dans la guerre contre le régime du président syrien Bachar al-Assad, dont l'EI, Ankara a longtemps justifié son refus d'intervenir par la nécessité de protéger ses 46 ressortissants retenus en otage depuis juin par l'EI au consulat turc de Mossoul (Irak).

Après leur libération le 20 septembre, la Turquie a amorcé un revirement total et suggère désormais qu'elle pourrait rejoindre le combat contre les djihadistes.

«Nous serons là où nous devons d'être. Nous ne pouvons rester en dehors de ça», a dit le président Recep Tayyip Erdogan dans un discours dimanche.

L'Islam, «une religion de paix»

Lundi encore, Recep Tayyip Erdogan a sévèrement critiqué l'EI et assuré qu'il n'avait rien à voir avec l'islam. «Attribuer des actions terroristes au Moyen-Orient à l'islam n'est rien d'autre qu'une distorsion de la vérité», a-t-il assuré, «notre religion est une religion de paix».

Le récente offensive lancée par l'EI dans la partie à majorité kurde de la Syrie a provoqué depuis dix jours un exode massif de la population. Selon le gouvernement, au moins 160'000 réfugiés Kurdes de Syrie ont franchi la frontière turque pour échapper aux combats entre djihadistes et combattants kurdes.

1,5 million de réfugiés syriens en Turquie

L'arrivée des djihadistes aux portes d'Aïn al-Arab a relancé le flot des réfugiés. Environ 15'000 d'entre eux ont franchi lundi la frontière turque, a dit à l'AFP un responsable turc.

La Turquie accueille aujourd'hui plus de 1,5 million de réfugiés syriens qui ont fui les combats entre les troupes du régime et la rébellion depuis 2010.

(AFP)

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