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Putsch manquéLa Turquie limoge 2560 membres du clergé musulman

Ankara continue ses purges après le putsch raté du 15 juillet et se débarrasse de 2560 nouveaux employés soupçonnés d'avoir des liens avec l'ex-imam Fethullah Gülen.

Des dizaines de milliers de fonctionnaires ont été congédiés depuis le coup d'Etat avorté après avoir été accusés d'être liés à l'ex-imam.

Des dizaines de milliers de fonctionnaires ont été congédiés depuis le coup d'Etat avorté après avoir été accusés d'être liés à l'ex-imam.

Keystone

La Direction des affaires religieuses (Diyanet), puissante institution publique turque, a annoncé mardi avoir procédé au limogeage de 2560 employés dans le cadre d'une vaste purge visant en Turquie depuis le putsch avorté toute personne en «lien» avec Fethullah Gülen.

L'ex-imam qui s'est exilé aux Etats-Unis est accusé d'avoir ourdi le coup d'Etat manqué du 15 juillet et la Turquie a demandé son extradition.

Ces 2560 personnes viennent s'ajouter aux 1112 employés de la Diyanet qui ont déjà été limogés, indique cet organisme dans un communiqué qui donne un chiffre total de 3672. «Les commissions mises en place à cet effet (pour débusquer les sympathisants de Gülen) font un travail rigoureux», ajoute le texte.

Contrôle de l'islam sunnite

La Diyanet, directement liée au Premier ministre, a été créée pour assurer le contrôle de l'islam sunnite, le courant de l'islam dominant en Turquie, et est critiqué par les laïcs pour traiter autrement les autres courants musulmans, notamment la minorité progressiste alévie.

Les ministres du culte musulman sunnite sont des fonctionnaires rémunérés par l'Etat. La Diyanet emploie plus de 100'000 fonctionnaires et son budget est considérable, supérieur notamment à celui alloué à plusieurs ministères dont celui de la Santé.

Des dizaines de milliers de fonctionnaires ont été congédiés depuis le coup d'Etat avorté après avoir été accusés d'être liés à l'ex-imam. La purge a surtout visé l'armée, la justice, la presse et l'enseignement. En outre, 16'000 personnes ont été inculpées et arrêtées et quelque 6000 (autres) suspects sont toujours en garde a vue, a dit mardi le ministre de la Justice Bekir Bozdag.

Menace contre Washington

La Turquie a par ailleurs averti mardi Washington du risque de «sacrifier» des relations bilatérales en raison du cas du «terroriste» Fethullah Gülen, prédicateur musulman exilé aux Etats-Unis et à l'origine, selon Ankara, du putsch avorté du 15 juillet.

«Si Gülen n'est pas extradé, les Etats-Unis sacrifieront les relations à cause de ce terroriste», a déclaré le ministre de la Justice Bekir Bozdag à l'agence de presse progouvernementale Anadolu.

Il a souligné que le sentiment antiaméricain au sein de la population turque avait atteint un pic en raison de ce différend entre les deux alliés de l'Otan. «Il appartient à la partie américaine d'empêcher que ce sentiment ne se transforme en haine», a prévenu le ministre.

(AFP)

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