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StratégieLa Turquie suspend ses frappes contre l'EI en Syrie

La décision a été prise en coordination avec la Russie selon un quotidien turc. Un avion russe avait été abattu en début de semaine.

De la fumée s'élève dans le gouvernorat de Hama, au nord de la Syrie.

De la fumée s'élève dans le gouvernorat de Hama, au nord de la Syrie.

Archives, Reuters

La Turquie a décidé de suspendre «provisoirement» ses frappes aériennes contre le groupe Etat islamique (EI) en Syrie dans le cadre de la coalition internationale. Ankara veut éviter tout nouvel incident avec la Russie, a rapporté vendredi le journal Hürriyet.

Selon le quotidien turc qui cite des sources diplomatiques, la décision turque d'interrompre ses vols au-dessus de la Syrie a été prise en coordination avec la Russie, qui s'est elle-même engagée à suspendre ses opérations le long de la frontière turque. «Les deux parties se sont mises d'accord pour agir avec précaution jusqu'à ce qu'elles rétablissent leurs contacts habituels et réduisent les tensions», écrit Hürriyet.

«Apaiser les tensions»

Le premier ministre turc Ahmet Davutoglu a lui affirmé que son pays allait «travailler» avec la Russie pour «apaiser les tensions», dans un tribune publiée vendredi dans le Times. «Qu'un avion non identifié évoluant dans l'espace aérien turc ait été abattu n'était pas, et n'est pas, une mesure visant un pays en particulier», assure Ahmet Davutoglu dans le quotidien britannique.

«La communauté internationale ne doit pas agir contre elle-même. Sinon, les seuls vainqueurs seront Daech (groupe Etat islamique) et le régime syrien». Les relations entre Ankara et Moscou traversent une grave crise depuis que l'aviation turque a abattu mardi un chasseur-bombardier russe Sukhoï Su-24 tout près de sa frontière avec la Syrie.

«Un fier service» à Damas selon les experts

Des responsables syriens et des experts estiment que la Turquie a rendu un fier service à Bachar el-Assad en abattant un avion de combat russe, car Moscou s'oppose désormais ouvertement à Ankara, adversaire du régime syrien, et s'implique davantage contre les rebelles.

«Dans ce contexte, l'incident va être utilisé par la Russie pour poursuivre ses intérêts en Syrie de manière encore plus déterminée», assure Muriel Asseburg, chercheuse à l'Institut des Affaires internationales et de sécurité à Berlin.

(ats)

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