Grande-Bretagne - La TV parle plus de gateaux que du changement climatique
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Grande-BretagneLa TV parle plus de gâteaux que du changement climatique

Une étude montre que le mot «cake» a été utilisé dix fois plus sur les chaînes britanniques que les termes en rapport avec le réchauffement en 2020.

par
Michel Pralong
Un bon gâteau fumant fait plus parler que le réchauffement dans les programmes britanniques.

Un bon gâteau fumant fait plus parler que le réchauffement dans les programmes britanniques.

Getty Images

La télévision joue un rôle important pour contribuer à alimenter le débat public. Sachant cela, une société a décidé d’analyser les thèmes évoqués dans les diverses émissions des principales chaînes britanniques, en se focalisant principalement sur le développement durable. Le projet «Albert» recense ainsi les termes prononcés durant l’année et, en 2020, le résultat montre que les mentions de «changement climatique» et de «réchauffement climatique» ont diminué respectivement de 10 et 19% par rapport à 2019.

Comme le relève Sky News, la pandémie est en partie responsable de cette baisse d’intérêt pour le réchauffement, car des mots nouveaux comme «confinement» (dit 139 000 fois) et «Covid» (251 000) ont pris beaucoup de place, tandis que de nombreuses nouvelles émissions n’ont pu être tournées en raison de la situation et remplacées par des rediffusions d’archives.

Le chien, roi de l’écran

Reste que l’analyse de 400 000 heures de programme (hors journaux TV) de la BBC, d’ITV, de Channel
4 et 5, de Sky et d’UKTV fait ressortir que le changement climatique a été évoqué 12 715 fois en 2020. Soit plus de 10 fois moins que le mot «cake» (133 437 mentions). Le champion toutes catégories est le mot «chien», avec 286 626 mentions, tandis que «vaccin» est apparu 44 356 fois.

Selon l’étude intitulée «Des sous-titres pour sauver le monde» , les mots de «recyclage» ou de «véganisme», qui reflètent des actions individuelles ont certes été plus présents sur les chaînes en 2020. Mais les termes liés aux profonds changements que nos sociétés doivent faire pour lutter contre le réchauffement, comme «énergies renouvelables» sont très peu présents.

«2020 devait à l’origine être l’année de l’action climatique. Nous ne savons tous que trop bien pourquoi l’attention s’est déplacée ailleurs mais c’est toujours frustrant de voir les médias parler moins du changement climatique que l’année précédente, et encore plus que l’énergie éolienne a obtenu autant de temps d’antenne que le pain aux bananes», commente Juliet Davenport, fondatrice de l’une des principales sociétés d’énergie renouvelables en Grande-Bretagne.

On le savait, mais cela se confirme donc, lutter contre le réchauffement climatique ne va pas être du gâteau.

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