États-Unis: Biden clame le «retour» d’une Amérique ouverte sur le monde
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États-UnisBiden clame le «retour» d’une Amérique ouverte sur le monde

Retour du multilatéralisme et engagement climatique font partis du plan d’action du président démocrate Joe Biden, qui entrera en fonction le 20 janvier 2021.

Les résultats de Joe Biden en Pennsylvanie sont définitifs.

Les résultats de Joe Biden en Pennsylvanie sont définitifs.

Keystone

Le président élu Joe Biden a proclamé mardi que l’Amérique était «de retour, prête à guider le monde». Il a présenté les poids lourds qu’il a choisis pour mener la diplomatie et la sécurité dans son futur gouvernement.

Tous masqués et à distance de précaution, Covid-19 oblige, sur une grande scène dans son fief de Wilmington, le démocrate de 78 ans a présenté les six premiers grands noms désignés pour l’accompagner à son arrivée à la Maison-Blanche, le 20 janvier.

Avec en message-clé le retour du multilatéralisme, contre-pied de «l’Amérique d’abord» prôné par Donald Trump. Et sa «détermination» à lutter contre le changement climatique. «C’est une équipe qui reflète le fait que l’Amérique est de retour, prête à guider le monde et pas à s’en retirer», a déclaré Joe Biden, accompagné de sa future vice-présidente Kamala Harris.

Personnalités chevronnées

Cette première salve de nominations comprend plusieurs personnalités chevronnées ayant servi sous Barack Obama, comme Antony Blinken, futur chef de la diplomatie.

«Nous ne pouvons pas résoudre seuls les problèmes du monde, nous devons travailler avec les autres pays», a affirmé cet ex-numéro deux du département d’État, soulignant le besoin de «coopération» et de «partenariat» avec les pays étrangers. «Le multilatéralisme est de retour, la diplomatie est de retour», a renchéri la future ambassadrice américaine à l’ONU, Linda Thomas-Greenfield.

«Menace existentielle»

Signalant son engagement à lutter contre la «crise climatique», le futur 46e président des États-Unis a créé un rôle d’émissaire spécial pour John Kerry, ex-chef de la diplomatie américaine, afin qu’il «mobilise pour affronter» cette «menace existentielle».

«Je ne sous-estime pas une seule seconde les difficultés à respecter mes engagements audacieux», a lancé le président élu, qui a promis de revenir dès le premier jour de son mandat dans l’accord de Paris et de parvenir aux États-Unis à la neutralité carbone en 2050. «Mais en même temps, personne ne devrait sous-estimer une seule seconde ma détermination à le faire».

John Kerry, qui avait lui-même signé, au nom des États-Unis, l’accord sur le climat négocié en 2015, a pour sa part appelé la communauté internationale à encore «plus d’ambition», affirmant que cet accord n’était pas «à lui seul (…) suffisant».

Femmes et minorités

Disant vouloir donner une plus grande place aux femmes et aux minorités, l’ancien vice-président de Barack Obama a désigné plusieurs pionniers, avec le premier Hispanique à la tête de la Sécurité intérieure, Alejandro Mayorkas, et la première femme à la tête des services de renseignement, Avril Haines.

Sur la scène avec eux, Jake Sullivan, nommé conseiller à la sécurité nationale, est un proche collaborateur de Joe Biden. Le démocrate prévoit aussi, selon une source dans son entourage, de nommer au Trésor l’ancienne présidente de la Banque centrale Janet Yellen, un poste jusqu’ici toujours occupé par des hommes.

En choisissant ces personnalités qualifiées et habituées du pouvoir, sans effet surprise, Joe Biden signale un retour à une politique plus traditionnelle que son prédécesseur Donald Trump, novice en politique à son arrivée à Washington sur la promesse de rompre avec l’establishment.

Accès aux dossiers sensibles

Après deux semaines d’un déni sans précédent dans l’histoire américaine, le président sortant a finalement donné lundi soir, d’un tweet, son feu vert à l’ouverture du processus de transition vers une administration Biden. Sans pour autant concéder sa défaite à la présidentielle du 3 novembre.

Juste avant le tweet présidentiel, l’agence gouvernementale chargée du protocole de transition, la GSA, avait envoyé une lettre informant Joe Biden qu’elle ouvrait finalement le processus, dans une décision «indépendante».

Comprendre: pas sur commande du président sortant, mais après la certification des résultats dans plusieurs États-clés et une volée de revers en justice pour l’équipe Trump. Après le Michigan lundi, la Pennsylvanie et le Nevada ont à leur tour certifié mardi la victoire de Joe Biden.

Dans les faits, ce feu vert débloque des fonds pour que l’équipe Biden puisse s’organiser, et lui ouvre la porte de l’administration Trump afin de se coordonner sur les sujets brûlants, comme la campagne de vaccination à venir pour lutter contre la pandémie. Joe Biden aura par ailleurs enfin accès aux informations classées secret-défense.

«L’Amérique d’abord»

Apparaissant de plus en plus isolé dans sa tentative de nier la défaite, Donald Trump n’a pas eu un mot mardi pour l’élection lors de deux interventions publiques. Sans accepter de questions, il s’est félicité du nouveau record de la Bourse de New York et des avancées vers un vaccin contre le Covid-19.

Et lors du discours souvent humoristique donné par les présidents américains avant de gracier une dinde, rendez-vous traditionnel à la Maison-Blanche avant la grande fête de Thanksgiving, il a rappelé le mot d’ordre qu’il avait scandé avec gravité lors de son investiture, en janvier 2017: «Et comme je le dis, l’Amérique d’abord. On ne devrait pas s’en détourner: l’Amérique d’abord».

(ATS/NXP)

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