Football - La violence atteint des sommets autour du FC Bâle
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FootballLa violence atteint des sommets autour du FC Bâle

Une tête de porc a été déposée jeudi devant les bureaux du FC Bâle. La tension est devenue quasi insoutenable entre supporters et dirigeants rhénans.

par
Thibaud Oberli
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Bernhard Burgener, président décrié du FC Bâle, en conférence de presse.

Bernhard Burgener, président décrié du FC Bâle, en conférence de presse.

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Les fans du FC Bâle rendent leurs abonnements au club en signe de protestation contre le président Bernhard Burgener.

Les fans du FC Bâle rendent leurs abonnements au club en signe de protestation contre le président Bernhard Burgener.

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Le mémorial érigé par les fans sur la Barfuesserplatz est également de plus en plus grand.

Le mémorial érigé par les fans sur la Barfuesserplatz est également de plus en plus grand.

© nicole pont/Tamedia AG

La violence grimpe en flèche à Bâle. Le club rhénan a perdu de sa superbe depuis plus de trois ans, au point de réaliser une des pires saisons depuis 20 ans. Pour les supporters, cela ne peut plus durer et le coupable est tout désigné.

Cela fait longtemps que le torchon brûle entre les fans et la direction du club. Le président Bernhard Burgener était déjà décrié pour une gestion qui aurait laissé à désirer, avec par exemple une perte de 20 millions de francs en 2019.

Le fait de se brouiller avec plusieurs figures historiques du club, comme l’ancien directeur sportif Marco Streller et l’ancien entraîneur des M21 Alex Frei, n’a pas aidé.

Mais lorsque le président a annoncé sa volonté de vendre ses parts du club à la société d’investissement britannique Centricus à travers une société écran nommée Basel Dream & Vision, la guerre était déclarée.

C’en est trop pour les supporters

«Certains fans ont perdu tout sens de la décence», titrait vendredi la «Basler Zeitung». Des mots forts qui illustrent des actions des fans qui sont allées trop loin. Dans un premier temps, les supporters avaient donné leurs avis à travers des actions créatives.

Des chants, des vidéos, des bannières et des panneaux avaient matérialisé leurs revendications. L’été dernier, certains étaient allés les écrire sur les murs des bureaux de l’équipe. Énormément de fans ont aussi renvoyé leurs abonnements de stade.

Ces manifestations de colère ont dépassé les bornes lors de la dernière rencontre contre Lucerne, lorsqu’une poupée flanquée des initiales «BB» sur la poitrine avait été brûlée durant une manifestation. Sur la «Barfi», comme est surnommée la place où les Rhénans fêtent leurs titres, une cartouche a été collée avec une inscription évoquant le «jour du jugement».

Des attaques personnelles ont également eu lieu. Le directeur général Roland Heri, qui s’est attiré les foudres des fans par rapport à sa manière de communiquer, notamment sur le dossier Valentin Stocker, a été agressé verbalement et des pétards ont été allumés la nuit devant sa maison.

Ses données personnelles ont aussi été récupérées sur Internet, des achats et des réservations ont été faits à son nom par des tiers. D’autres employés ont également été visés.

Pour le club aussi

Cette violence a atteint son point culminant jeudi. Une tête de porc gisait devant le bureau du club. Juste au-dessus, un panneau annonçant la commune de Herisau avait été accroché. Les quatre premières lettres laissent penser à une menace supplémentaire en direction du directeur général.

Le FC Bâle a réagi en faisant appel à la police et en publiant sur ses réseaux «Es reicht!» (ndlr: trop c’est trop!). Aucun autre commentaire n’a été fait et ne sera fait par le club rhénan sur les incidents de jeudi.

Et David Degen dans tout ça?

Depuis 2019, l’ancien international suisse s’est approprié 10% des actions de la FC Basel Holding AG, qui possède les trois quarts du FC Bâle. En accédant à cette position, le natif de Liestal (BL) peut profiter d’un droit de préemption.

Celui-ci lui accorde la priorité sur l’achat des actions lorsque le propriétaire voudra s’en séparer. Donc actuellement, si Bernhard Burgener veut vendre ses parts, il doit le faire à David Degen si celui-ci le souhaite.

Tout s’est accéléré la semaine dernière, lorsque ce dernier a lancé une action en justice, craignant que son droit ne soit pas respecté. Le Tribunal civil de Bâle-Ville a alors décidé de geler la situation par une injonction superprovisoire, qui interdit tout changement avant un jugement.

Quelques rencontres informelles ont eu lieu entre les différentes parties, selon la «Basler Zeitung». Mais une seule chose est sûre, une première audience est prévue pour mardi 11 mai.

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