Libye - La visite du chef du gouvernement libyen dans l’Est reportée
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LibyeLa visite du chef du gouvernement libyen dans l’Est reportée

Abdelhamid Dbeibah, le premier ministre libyen, devait effectuer lundi une première visite symbolique dans l’Est du pays, en quête de stabilité.

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Le premier ministre libyen Abdelhamid Dbeibah, le 10 avril 2021 à Tripoli.

Le premier ministre libyen Abdelhamid Dbeibah, le 10 avril 2021 à Tripoli.

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Le gouvernement libyen a annoncé dimanche soir le report d’un Conseil des ministres initialement prévu lundi à Benghazi, qui devait également marquer la première visite du premier ministre dans l'Est du pays en quête de stabilité, après une décennie de chaos.

«Le cabinet du Chef du Gouvernement d’unité nationale annonce le report de la réunion du Conseil des ministres prévue lundi à Benghazi», a indiqué dans un communiqué le porte-parole du gouvernement Mohamad Hamouda. «Des préparatifs sont en cours pour fixer une prochaine date», a-t-il ajouté, sans donner les raisons du report.

Cette annonce intervient quelques heures après que l’équipe sécuritaire chargée de préparer la visite du premier ministre Abdelhamid Dbeibah et des membres de son gouvernement a été refoulée à son atterrissage à l’aéroport de Benghazi par les autorités locales sur place, l’obligeant à reprendre l’avion et à retourner à la capitale Tripoli, a appris l’AFP d’une source sécuritaire dans l’Est.

Une décennie de conflit

Abdelhamid Dbeibah avait précédemment fait part de son intention de tenir des Conseils des ministres dans différentes villes, notamment à Benghazi, deuxième cité libyenne et fief du maréchal Khalifa Haftar, l’homme fort de l’Est. La Libye tente de s’extraire d’une décennie de conflit depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi, marquée par l’existence ces dernières années de pouvoirs rivaux, dans l’Ouest et l'Est du pays, et des violences sanglantes.

Censé clore ce chapitre, un nouvel exécutif unifié, né d’un processus sous l’égide de l’ONU lancé en novembre à Tunis, a été mis sur orbite en février à Genève, avant un vote de confiance «historique» du Parlement en mars. Il est chargé d’unifier les institutions du pays jusqu’à des élections nationales en décembre. L’incident de dimanche vient confirmer la persistance des divisions entre l’Est et l’Ouest, malgré l’embellie politique des derniers mois.

«Torture» et «simulacres de procès» dans l’Est de la Libye, selon Amnesty

Au moins 22 personnes ont été condamnées à mort depuis 2018 par des tribunaux militaires et des centaines d’autres ont été emprisonnées après des «simulacres de procès» dans l’Est de la Libye, a indiqué lundi Amnesty International.

Ces procès militaires «secrets et manifestement inéquitables» visent à «punir les opposants» de l’autoproclamée Armée nationale libyenne (ANL) dirigée par le maréchal Khalifa Haftar, a fustigé l’ONG dans un rapport. Parmi les civils jugés figurent des journalistes, des manifestants pacifiques ou des internautes qui ont critiqué l’ANL sur les réseaux sociaux.

Par ailleurs, d’anciens détenus ont confié à Amnesty avoir été enlevés et «détenus illégalement» pendant des mois, voire des années, «torturés et soumis à des procédures extrêmement inéquitables». D’autres ont été contraints de signer des «aveux» pour des crimes qu’ils n’avaient pas commis, poursuit le rapport.

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