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TechnologieLa voiture qui roule toute seule

De nombreux constructeurs planchent sur un engin pouvant se passer de pilote.

Une voiture qui roule toute seule et qui déjoue tout accident, c’est un rêve. Qui pourrait très vite devenir réalité. La marque suédoise Volvo vient d’annoncer qu’elle planchait sur une automobile pouvant se passer de pilote et dotée d’une telle technologie (voir infographie) qu’elle éviterait tout mort ou blessé grave dans un véhicule de la marque. Truffé de senseurs high-tech, l’engin du futur détectera le moindre élément sortant de l’ordinaire et réagira de façon adéquate. Une nécessité alors que des études montrent que la voiture est devenue aujourd’hui bien plus qu’un moyen de transport. A l’heure de l’hyperconnectivité, les conducteurs d’aujourd’hui passent 20 à 30% de leur temps au volant à faire autre chose, comme s’occuper de leurs communications téléphoniques. «Dans la société de mobilité actuelle, nous emportons notre vie sociale avec nous où que nous allions. La voiture ne fait pas exception à la règle. Pour nous, il s’agit tout simplement de concevoir une technologie qui fournisse au conducteur un soutien adapté à tout instant», confie Jan Ivarsson, responsable Stratégie et Exigences de sécurité chez Volvo Cars. Bureau, salon de thé ou pièce télé, la bagnole est entrée dans un nouvel univers.

Dans ce contexte, Volvo est loin d’être la seule marque à vouloir mettre au point une auto qui se conduit toute seule. Ford, BMW, Mercedes sont dans la course. Même Google est entré dans la danse. Le géant d’Internet va pouvoir mener des tests grandeur nature sur les routes californiennes après qu’un décret du gouverneur les y a autorisés. De son côté, Ford annonce que d’ici à une dizaine d’années les automobilistes pourront indiquer vocalement les sorties d’autoroute à prendre et passer en pilote automatique quand les circonstances le permettent.

«Sur des routes avec peu de trafic, en dehors des grands axes, le conducteur pourra toujours conduire librement, explique Sascha Heiniger, directeur de la communication de Volvo Suisse. Mais sur les routes principales ou dans les zones urbaines, cette liberté est aujourd’hui déjà fortement réduite avec les embouteillages, les stop-and-go et les télescopages. C’est dans ce contexte, par exemple sur le tronçon de l’autoroute Genève-Lausanne, qu’une conduite autonome peut faire sens. Cela fluidifie le trafic, évite des accidents et permet au conducteur d’utiliser son temps d’une façon plus efficace.»

Déjà des systèmes anticollision

Quant aux oiseaux de mauvais augure qui doutent de voir un jour de tels engins déferler sur nos routes, les spécialistes leur clouent le bec en rétorquant que le même scepticisme régnait autour du GPS, du parcage automatique ou de l’ABS. En ce qui concerne les systèmes anticollision, ceux-ci commencent d’ailleurs à apparaître sur les automobiles actuelles. Le directeur de Ford prédit que d’ici cinq à sept ans, les automobilistes jouiront de systèmes leur permettant d’éviter les embouteillages et les collisions. Volvo, elle, voit des voitures «crashproof» sur les routes suisses dans huit à dix ans.

<b>«Le conducteur va recevoir de plus en plus d’informations»</b>

Interview de Moreno Volpi, responsable communication du TCS

– Croyez-vous aux promesses de voiture zéro crash ou zéro mort?

Si par crash on entend toute collision involontaire impliquant deux voitures de tourisme, alors oui, la technologie peut nous aider à atteindre cet objectif sur le long terme. Cela dit, il faudrait que tous les véhicules en circulation soient équipés d’une technologie identique ou compatible afin que toutes les collisions soient évitées. Concernant le nombre de tués, il est aussi possible d’atteindre à long terme un niveau très bas de mortalité pour les passagers d’une voiture récente vu les progrès continus en sécurité préventive, active et passive.

– Voyez-vous ces voitures bourrées de technologie comme une bonne chose?

Oui, l’évolution technologique est, d’un point de vue sécurité routière, très réjouissante. Sans cette amélioration continue, la Suisse ne figurerait d’ailleurs pas parmi les pays qui ont les meilleurs résultats en termes de mortalité. Cela dit, il ne faut pas oublier que le véhicule n’est qu’un parmi trois paramètres qui déterminent un accident, à côté de l’infrastructure et l’usager de la route (conducteur, piéton, motard).

– Quelle est, selon vous, la plus grande innovation qui verra le jour ces prochaines années?

Il y en aura plusieurs parce que la technologie va continuer d’évoluer dans le sens d’une assistance majeure au conducteur et, nous l’espérons, d’une meilleure compatibilité entre véhicules. Il est nécessaire de développer une meilleure harmonie avec les autres usagers de la route, afin de réduire les conséquences des accidents. Le conducteur recevra de plus en plus d’informations sur son environnement immédiat et même des impulsions pour susciter une réaction, comme une alarme, une vibration du volant ou un freinage automatique.

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