Suisse: La votation du 9 février scinde l'UDC et les Verts

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SuisseLa votation du 9 février scinde l'UDC et les Verts

Réunis en assemblée samedi, les délégués des deux partis ont donné des mots d'ordre opposés pour les initiatives relatives aux «loyers abordables» et à «la norme antiraciste».

Photo d'illustration.

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Keystone

Les délégués des Verts et ceux de l'UDC ont donné samedi des mots d'ordre diamétralement opposés pour le dimanche de votation du 9 février prochain. Les premiers se sont prononcés en faveur de l'initiative pour «davantage de loyers abordables» et de l'extension de la norme antiraciste.

Réunis en assemblée générale à Berne, les délégués des Verts ont approuvé l'initiative à l'unanimité et une abstention. Lancée par l'Association suisse des locataires (Asloca), elle veut inciter Confédération et cantons à encourager davantage la construction d'habitations à loyer modéré.

Concrètement, le texte demande que 10% des nouveaux logements soient déclarés d'utilité publique, a rappelé devant l'assemblée Natalie Imboden, présidente des Verts bernois. Les loyers du marché sont en général nettement plus élevés que ceux des logements d'utilité publique et la différence enrichit le secteur de l'immobilier sans profiter aux locataires.

Le texte veut soustraire aux spéculateurs un plus grand nombre de logements, a poursuivi Natalie Imboden. Pour l'UDC en revanche, le texte ne présente que des désavantages. Ses délégués réunis samedi à Niederglatt (ZH) l'ont rejeté par 334 voix contre deux et deux abstentions. L'initiative porterait notamment atteinte au droit de la propriété privée inscrit dans la Constitution fédérale.

Politiquement correct?

L'autre objet en votation le 9 février est l'extension de la norme antiraciste aux actes discriminatoires et appels à la haine fondés sur des orientations sexuelles. Elle vise à protéger la communauté homosexuelle, bisexuelle, transgenre ou intersexe (LGBTI). La norme pénale actuelle ne prévoit qu'une pénalisation de la discrimination des personnes en raison de leur race, ethnie ou religion.

Là aussi, les Verts ont soutenu le texte à l'unanimité et une abstention. Quant aux délégués de l'UDC, ils l'ont rejeté à l'unanimité. Cette disposition «permet de traîner en justice toutes les personnes défendant des points de vue opposés aux bien-pensants hypocrites», selon le parti. Avec le «politiquement correct», il n'est plus permis à chacun de dire ce qu'il pense.

(ats)

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