Fribourg: Lac Noir: le paddleur n'avait ni gilet de sauvetage, ni longe
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FribourgLac Noir: le paddleur n'avait ni gilet de sauvetage, ni longe

Le décès d’un adepte de paddle dans le canton de Fribourg relance le débat autour de la sécurité et de l’équipement approprié. Le malheureux a été localisé par 7 m de fond.

par
Evelyne Emeri
Le Lac Noir a une profondeur moyenne de 6 mètres avec des trous à 9. Le corps du paddleur a été retrouvé dans une eau à 10 degrés.

Le Lac Noir a une profondeur moyenne de 6 mètres avec des trous à 9. Le corps du paddleur a été retrouvé dans une eau à 10 degrés.

Jean-Paul Guinnard/LMS

L’homme était en vacances avec son épouse dans les Préalpes fribourgeoises. Mercredi vers 14 h, l’habitant de Sulz (AG) s’est élancé sur l’eau avec son propre paddle gonflable, a priori depuis la zone de loisirs, située au nord du Lac Noir (1046 m). Inquiète de ne pas le voir rentrer, sa famille a donné l’alerte quelques heures plus tard. Le lendemain, un avis de disparition était diffusé. Des recherches d’envergure ont été déployées sur le terrain et dans les airs. En vain. Seul, le stand-up paddle (SUP) du septuagénaire a été retrouvé sur le rivage, à l’extrême sud du lac.

Les investigations se sont alors concentrées sur les fonds lacustres. À l’aide de la torpille sonar de la police cantonale genevoise – spécialisée en recherche électronique subaquatique –, le corps sans vie de l’Argovien de 73 ans a été découvert par 7 mètres de fond vendredi midi dans une eau à 10 degrés. Elle en faisait 19 en surface. La surface lacustre n’est pas bien grande – 1,4 km de long sur 500 m de large – mais suffisante pour que personne ne l’ait vu en difficulté, en train de tomber de son paddle.

Quid de la chronologie de l’événement? «Nous privilégions la piste du malaise», affirme Martial Pugin, chef communication de la police cantonale fribourgeoise. «Est-ce le malaise qui l’a fait chuter ou a-t-il fait un malaise après sa chute? Nous ne pouvons pas répondre à cette interrogation.» La famille écrit joliment et pudiquement dans l’avis mortuaire: «Durant tes vacances, ton cœur a subitement cessé de battre.» Sur le plan de la sécurité, le paddleur décédé n’a pas fait preuve de la plus grande prudence. Il a été retrouvé sans gilet de sauvetage. Son SUP n’était pas doté d’un leash, la longe autour de la cheville qui relie le pratiquant à son SUP. Il ne portait pas non plus de combinaison.

Le SUP: un sport, pas un jouet

Le communicant de la police fribourgeoise relativise: «Est-ce qu’un gilet de sauvetage ou une attache lui aurait sauvé la vie? Le malaise restant privilégié, il est difficile de le dire. Cet accident n’est pas un cas de figure très révélateur de la problématique.» Il n’empêche. Alors que cette pratique nautique ne cesse de se développer et de faire des victimes chaque été, l’efficacité de la prévention naissante reste insuffisante et les paddleurs font la sourde oreille. Les professionnels de la branche, les polices cantonales et les experts de haut niveau crient au loup. Le port du gilet de sauvetage est vivement recommandé même en deçà des 300 mètres du rivage, réglementés par le législateur. À l’inverse, nombreuses sont les enseignes qui louent en bord de lac des planches sans la moindre recommandation et sans le moindre équipement sécuritaire.

L’ordonnance sur la navigation intérieure (ONI) est très claire, elle aussi. Les paddles ne sont pas des jouets. Ce sont des engins de sport nautique de compétition au même titre que les kitesurfs, les planches à voile, les avirons, les kayaks, les canoës et les rafts. Cet article 134a de l’ONI stipule précisément aussi: «Sont considérés comme aides à la flottaison les gilets de sauvetage.»

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