Votation du 7 mars: L’accord de libre-échange avec l’Indonésie a séduit outre-Sarine
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Votation du 7 marsL’accord de libre-échange avec l’Indonésie a séduit outre-Sarine

La votation sur l’accord de libre-échange avec l’Indonésie a débouché sur un fossé linguistique, le sujet étant facilement accepté en Suisse alémanique tandis que les cantons romands l’ont largement rejeté.

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cht/smk

L’accord économique entre la Suisse et l’Indonésie conclu dans le cadre de l’Association européenne de libre-échange (AELE) a été approuvé par les Suisses. Ils ont dit «oui» à 51,7%. Ce sujet a mobilisé un votant sur deux dimanche.

Ce résultat très serré a aussi débouché sur un mini «Roesti Graben» puisque les cantons romands, à l’exception du Valais, ont très nettement rejeté l’accord. Outre-Sarine, seul Bâle-Ville s’y est opposé.

Pour le Conseil fédéral, ce vote a «un côté historique», ainsi que l’a déclaré Guy Parmelin en conférence de presse. «Pour la première fois on inscrit des règles de durabilité qui seront appliquées et contrôlées.» Une pratique qui pourrait devenir la norme puisque des règles de durabilité seront dores et déjà prévues dans le cadre de l'accord avec le Mercosur qui est en cours, a ajouté le Conseiller fédéral vaudois.

Le Mercosur, la mère de toutes les batailles?

Une défaite plutôt douce pour le vigneron genevois Willy Cretegny, initiateur du référendum «Stop huile de palme». Il estime que, même si le oui l’emporte, les opposants l’ont tout de même emporté car ils ont «ouvert le débat sur le principe du libre-échange», a-t-il déclaré à la RTS. «On ne se mord pas du tout les doigts. C’était le premier accord de libre-échange soumis au référendum. C'est extrêmement important aujourd'hui qu'on se réveille là-dessus», a ajouté Willy Cretegny.

Les Verts promettent une bataille encore plus rude avec l’accord Mercosur, d’une taille nettement plus imposante que celui avec l’Indonésie. «Les Verts suisses mettent tout en œuvre pour que l’accord avec le Mercosur comporte des dispositions contraignantes et applicables pour protéger la population, le monde animal et l’environnement», préviennent-ils dans un communiqué dimanche. Ils promettent de lancer un référendum si cela ne devait pas être le cas.

Le Parti Socialiste Suisse va plus loin, demandant une loi «qui réglemente les principes et les procédures selon lesquels les accords commerciaux seront conclus à l'avenir». Avec le Mercosur dans sa ligne de mire, il prévient qu’il «n'y aura pas de majorité à l'avenir pour des accords de libre-échange qui n'incluraient pas au moins les normes de durabilité prévues dans l'accord avec l'Indonésie».

De son côté, L’Union suisse des arts et métiers (usam) a salué le «oui» sorti des urnes. «Cette décision montre que les citoyennes et citoyens ne se sont pas laissé influencer par le camp rose-vert focalisé sur l’huile de palme», s’est réjouie l’association.

Toujours un sujet brûlant

Le sujet était sensible pour les milieux agricoles qui voient dans l’huile de palme une concurrence aux produits suisses que sont l’huile de colza, l’huile de tournesol ou le beurre. L’huile de palme est un produit à haut rendement très intéressant pour l’industrie agro-alimentaire puisque les palmiers à huile produisent de deux à trois fois plus d’huile que le colza.

Le gouvernement a donc réussi à désamorcer ce problème en précisant qu’il n’y aura aucune réduction des droits de douane pour l’huile de palme si les droits de l’homme et de strictes exigences relatives à l’environnement ne sont pas respectés. Berne a obtenu que des preuves correspondantes soient présentées à cette fin.

L’accord comprend également des dispositions pour la protection des droits de l’homme et pour la protection de l’environnement. «Pour la première fois, des règles de durabilité sont inscrites: elles seront appliquées et contrôlées», a rappelé Guy Parmelin en conférence de presse.

Si l’accord de libre-échange ne pose pas trop de problèmes, c’est la question de l’huile de palme qui a cristallisé les tensions.

Si l’accord de libre-échange ne pose pas trop de problèmes, c’est la question de l’huile de palme qui a cristallisé les tensions.

AFP

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