Drame de Sullens (VD) - L’accusé campe sur sa position et clame son innocence
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Drame de Sullens (VD)L’accusé campe sur sa position et clame son innocence

Au procès en appel dans l’affaire du meurtre d’une prostituée assassinée à Sullens (VD), en 2016, l’accusé garde sa version. Il s’estime non coupable. Verdict vendredi.

Dans le procès en appel du meurtrier présumé de la prostituée tuée, le verdict tombera vendredi.

Dans le procès en appel du meurtrier présumé de la prostituée tuée, le verdict tombera vendredi.

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L’ombre du violent réseau de proxénétisme roumain qui exploitait la jeune femme retrouvée morte, le visage méconnaissable, dans une forêt jurassienne en 2016, a plané, mercredi, sur les assises du département du Jura, à Lons-le-Saunier, au premier jour du procès en appel du travailleur frontalier accusé de l’avoir tuée à Sullens, dans le canton de Vaud.

Condamné, en décembre dernier, à 20 ans de réclusion criminelle en première instance pour le meurtre sauvage de cette jeune Roumaine de 18 ans, l’accusé a réaffirmé sa position dès le début de l’audience: «Elle est toujours la même, non coupable.»

Deux hommes auraient surgi

Aujourd’hui âgé de 34 ans, cet ancien agent de sécurité travaillait en Suisse et habitait à Mouthe (Doubs), avec sa femme et son fils, au moment des faits. Il a toujours contesté avoir tué la jeune femme. Il a en revanche admis avoir transporté et abandonné son corps dans la forêt communale du Frasnois (Jura), en France. Seul son ADN a été retrouvé sur la victime.

D’après sa version, deux inconnus auraient surgi alors qu’il venait d’avoir une relation tarifée avec la prostituée dans la nuit du 29 au 30 novembre 2016, à Sullens. L’un l’aurait menacé pendant que l’autre tuait la jeune femme. Les deux hommes l’auraient ensuite obligé à se débarrasser du corps sous la menace.

«Elle voulait fuguer»

L’avocat de la défense a estimé que les enquêteurs avaient rapidement été «persuadés que (son) client était coupable», délaissant la piste du réseau de prostitution «ultraviolent». «On est quasiment certains que les proxénètes savaient que cette pauvre fille voulait fuguer», elle en avait parlé avec sa mère «précisément le jour où elle est morte», a-t-il relevé.

«On ne s’est pas focalisés sur l’accusé, les éléments qui mènent à lui sont particulièrement concordants.»

Le directeur d’enquête de la gendarmerie

«En vingt ans, je n’ai jamais vu de victime tuée par le client, mais j’ai eu des victimes tuées par les trafiquants d’être humains, parce qu’elles essayaient de quitter le réseau», a abondé Iana Matei, présidente de l’ONG de protection des femmes victimes de trafics humains Reaching Out Romania, conviée par la défense pour témoigner sur le fonctionnement et la violence de ces réseaux. Une version rejetée par le directeur d’enquête de la gendarmerie: «On ne s’est pas focalisés sur l’accusé, les éléments qui mènent à lui sont particulièrement concordants.»

Proxénètes sur écoute

Au moment du meurtre, les proxénètes de la jeune femme étaient sur écoute, dans le cadre d’une enquête pour proxénétisme menée par les autorités suisses. Or, lors de sa disparition, les écoutes montrent que «le clan la cherche» et veut «savoir où elle est partie», renchérit de son côté l’enquêteur suisse.

La jeune Roumaine, adolescente tombée sous la coupe d’un «lover boy», qui l’avait séduite puis prostituée, est longtemps restée «l’inconnue du Frasnois». Son corps nu avait été découvert le 15 décembre 2016. Tous les os de son visage étaient brisés par les coups, la rendant méconnaissable. Une reconstitution faciale avait été nécessaire pour établir son portrait-robot en 3D. «Jusqu’au moment où elle a perdu connaissance, elle a dû beaucoup souffrir», a déclaré à la barre le médecin légiste.

C’est presque par hasard que des gendarmes français et suisse avaient découvert son identité. Les enquêteurs avaient ensuite confondu l’accusé, venu le 30 novembre 2016 à l’hôpital de Pontarlier (Doubs) pour faire soigner une blessure à une main.

La Cour rendra son verdict vendredi.

(AFP)

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