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Tuerie de ChevalineL'ADN de l'ex-policier arrêté ne correspond pas

Il est «peu envisageable» que l'ex-policier arrêté soit mis en examen dans l'affaire de la tuerie a affirmé le procureur Éric Maillaud. Selon Le Nouvel Observateur, son ADN ne correspond pas aux profils retrouvés sur la scène de crime.

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Le motard aperçu à proximité des lieux de la tuerie de Chevaline (F) en septembre 2012 est disculpé par les enquêteurs.

Le motard aperçu à proximité des lieux de la tuerie de Chevaline (F) en septembre 2012 est disculpé par les enquêteurs.

AFP
L'ex-mari américain caché d'Iqbal al-Hilli est mort le jour même de la tuerie. Le procureur d'Annecy Éric Maillaud a confirmé cette information. (8 juillet 2014)

L'ex-mari américain caché d'Iqbal al-Hilli est mort le jour même de la tuerie. Le procureur d'Annecy Éric Maillaud a confirmé cette information. (8 juillet 2014)

AFP
Un ancien légionnaire et ancien parachutiste, entendu dans le cadre de l'enquête sur le quadruple meurtre de Chevaline en avril 2013, s'est suicidé mardi en expliquant notamment son geste par le fait que son audition l'avait perturbé. (4 juin 2014)

Un ancien légionnaire et ancien parachutiste, entendu dans le cadre de l'enquête sur le quadruple meurtre de Chevaline en avril 2013, s'est suicidé mardi en expliquant notamment son geste par le fait que son audition l'avait perturbé. (4 juin 2014)

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L'énigme de Chevaline (Haute-Savoie) n'est «toujours pas élucidée», a déclaré mercredi 19 février le procureur d'Annecy, qui soupçonne un ancien policier municipal, interpellé la veille, d'être un trafiquant d'armes, à défaut de pouvoir le relier à la tuerie.

De fait: l'ADN de l'ex-policier ne correspond pas aux profils retrouvés sur la scène de crime, apprend-on sur le site du Nouvel Observateur. Son ADN n'aurait pas "matché" avec deux profils retrouvés sur les lieux du quadruple meurtre. Une information confirmée par le procureur de la République à Annecy, Eric Maillaud.

Un portrait-robot

La garde à vue de cet homme de 48 ans, dont la ressemblance avec un portrait-robot diffusé en novembre a conduit à son interpellation par les gendarmes, peut durer jusqu'à samedi. Mais il est «peu envisageable» qu'à son terme, il soit mis en examen pour le quadruple meurtre du 5 septembre 2012, a estimé Éric Maillaud.

Une information judiciaire incidente pour trafic d'armes va être ouverte, dans le cadre de laquelle il devrait être déféré avec un ami, passionné d'armes comme lui, et également interpellé mardi soir après avoir tenté de prendre la fuite à l'arrivée des gendarmes.

Pas de lien direct

Mais, selon le magistrat, à ce stade, «rien ne permet de faire un lien direct» entre l'ancien policier municipal de Menthon-Saint-Bernard et la tuerie ou ses différentes victimes, qu'il s'agisse des membres de la famille britannique al-Hilli ou du cycliste français Sylvain Mollier.

Un pistolet Luger a bien été découvert lors de perquisitions mardi, parmi une quarantaine d'armes, grenades, explosifs et détonateurs, mais il ne correspond pas au modèle, ni au calibre de celui utilisé par le meurtrier de Chevaline. De même, les gendarmes ont mis la main sur une moto et deux casques, mais qui ne collent pas avec ceux d'un mystérieux motard aperçu par des témoins, le jour du drame, à proximité de la scène de crime.

Motard dont la description a permis de diffuser, en novembre, le portrait-robot d'un homme casqué et portant le bouc, avec lequel l'ancien policier présente «une forte ressemblance».

Collectionneur d'armes

Marié, père de trois enfants, cet ex-policier municipal a été interpellé mardi alors qu'il sortait de chez lui à Talloires, commune proche du lieu de la tuerie. L'examen de son téléphone portable montre qu'il a pu être présent sur la scène du crime au moment de la tuerie. Mais cela peut aussi s'expliquer par le fait que ses beaux-parents habitent Chevaline.

Passionné par la Seconde Guerre mondiale et le Luger, l'homme est un collectionneur d'un «tempérament un peu violent», qui a été qualifié de «raciste» par certains habitants de Menthon-Saint-Bernard, selon le procureur. «Sur les dernières années, des habitants se sont plaints de son attitude (...) Il avait menacé des touristes», a dit le magistrat, évoquant des «propos violents et agressifs», mais pas d'agression physique.

Sans casier judiciaire, l'homme a retrouvé un emploi dans une société de sécurité à Genève. Il acquérait des armes en Suisse ou sur des sites internet. Un retraité venu rendre visite à son épouse mercredi matin à Talloires l'a décrit comme «un mec très bien» avec lequel il chassait.

Confrontation prévue

Plusieurs perquisitions ont eu lieu dans trois départements différents dans le cadre de cette affaire. Les enquêteurs vont vraisemblablement comparer le profil génétique des deux personnes en garde à vue avec deux ADN inconnus retrouvés sur les lieux du crime. Une confrontation va également avoir lieu avec les agents de l'Office national des forêts dont le témoignage a permis d'établir le portrait-robot.

Le procureur a indiqué qu'il envisageait de requérir la détention provisoire à l'encontre des suspects, rappelant que le trafic d'armes est passible de 10 ans de prison. Au-delà des armes de collection, «ce sont les détonateurs et les munitions qui me posent davantage question», a souligné M. Maillaud.

Aucune piste écartée

Ces arrestations, les premières en France dans cette affaire, interviennent alors que la justice privilégiait jusqu'ici la piste d'un conflit familial autour d'un héritage disputé. Le 5 septembre 2012, en vacances dans la région, Saad al-Hilli, 50 ans, ingénieur britannique d'origine irakienne travaillant dans l'aéronautique et la défense au Royaume-Uni, sa femme de 47 ans et sa belle-mère de 74 ans, avaient été tués de plusieurs balles dans leur voiture, sur une petite route forestière proche de Chevaline.

Un cycliste français, 45 ans, considéré comme une victime collatérale, avait aussi été abattu. Zainab, 7 ans, la fille aînée du couple al-Hilli, avait été grièvement blessée, tandis que sa soeur cadette Zeena, cachée sous les jambes de sa mère pendant plusieurs heures, était miraculeusement sortie indemne de la tuerie.

En juin, la police anglaise avait arrêté Zaïd al-Hilli, 54 ans, frère de Saad, soupçonné d'avoir fomenté le quadruple meurtre. Relâché rapidement, il clame depuis son innocence

(AFP)

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