Actualisé 04.12.2017 à 08:09

EnquêteLafarge «s'est sûrement retiré trop tard de Syrie»

Le patron du conseil d'administration du cimentier reconnaît, dans une interview, des erreurs en Syrie.

Image d'archive - Beat Hess, président du conseil d'administration de LafargeHolcim, s'exprime dans une interview du Figaro, dimanche.

Image d'archive - Beat Hess, président du conseil d'administration de LafargeHolcim, s'exprime dans une interview du Figaro, dimanche.

Keystone

Le président du conseil d'administration du cimentier LafargeHolcim, Beat Hess, reconnaît des «erreurs inacceptables» en Syrie dans une interview publiée dimanche par Le Figaro. Trois cadres du groupe franco-suisse ont été inculpés vendredi dans l'enquête sur ses activités en Syrie.

La justice française enquête sur les conditions dans lesquelles le groupe français - absorbé en 2015 par l'entreprise suisse Holcim - a maintenu en 2013-2014 ses activités en Syrie dans une zone de conflit, tenue notamment par l'Etat islamique (EI).

«Il y a eu des erreurs inacceptables que le groupe regrette et condamne. C'est certes plus facile à dire avec le recul, mais le groupe s'est sûrement retiré trop tard de Syrie. Tout cela aurait dû être évité», déclare le dirigeant. «C'est une phase difficile. Mais j'ai pleinement confiance dans la justice française. Si nous pouvons l'aider, nous le ferons. Nos portes sont ouvertes», ajoute-t-il.

Financement de l'EI

Selon des sources familières du dossier, une nouvelle vague d'interrogatoire de dirigeants ou d'anciens dirigeants du groupe, dont l'ex-directeur général Bruno Lafont, est attendue la semaine prochaine.

Interrogé sur ce dernier, Beat Hess répond: «Je n'étais pas dans l'entreprise à l'époque, mais je n'ai aucune raison de douter de Bruno Lafont, au regard de notre enquête interne.»

Trois cadres de Lafarge ont été mis en examen vendredi dans l'enquête sur les activités du groupe franco-suisse en Syrie. La firme est suspectée d'avoir indirectement financé le groupe EI pour faire tourner sa cimenterie dans le pays en guerre en 2013 et 2014.

(ats)

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