Bienne - L’agresseur avait menacé la victime pendant la procédure
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BienneL’agresseur avait menacé la victime pendant la procédure

Trois coups de couteau assénés à un Biennois valent à un Slovaque neuf ans de prison. C’est plus que réclamé par le procureur.

par
Vincent Donzé
L’agression s’est déroulée sur la place de sports de l’école de Madretsch, à Bienne.

L’agression s’est déroulée sur la place de sports de l’école de Madretsch, à Bienne.

Lematin.ch/Vincent Donzé

Par son comportement pendant l’enquête et pendant son procès, un agresseur n’a fait qu’alourdir sa peine: neuf ans de prison infligés pour trois coups de couteau par le Tribunal régional Jura bernois – Seeland, alors que le procureur réclamait huit mois de moins.

Deux semaines après avoir poignardé un jeune homme, l’agresseur l’a menacé avec un couteau pour le dissuader de témoigner à la police. D’autres menaces étaient à peine voilées, comme lorsqu’il a dit à deux copains de la victime qu’il irait en prison non pas pour une tentative, mais pour un meurtre.


Le «Bieler Tagblatt» a relaté une audience très défavorable au prévenu, irascible et irrévérencieux quand il a qualifié certains reproches de «conneries». Le prévenu de 23 ans a rejeté la responsabilité de l’agression sur la victime, coupable à ses yeux de l’avoir provoqué.

De justesse

Il y a deux ans, la victime de 21 ans en a réchappé de justesse. Les deux jeunes s’étaient retrouvés au milieu de la nuit sur la place de sport de l’école de Madretsch, pour régler un contentieux. Le face-à-face s’est mal déroulé et le Slovaque a sorti un couteau qui a envoyé le Biennois aux urgences.

Pour la présidente du tribunal, le mobile était futile: «Il s’agissait seulement de montrer qui était le plus fort, ce qui aurait pu être clarifié avec des mots ou avec les poings».

«Taisez-vous!»

Pendant le jugement, le prévenu n’a pas seulement secoué la tête, il soupirait et vociférait. «Taisez-vous, sinon je vous inflige une amende», lui a lancé la présidente Elisabeth Ochsner. Le Slovaque a été expulsé pour dix ans dans un pays qu’il a quitté à l’âge de huit ans. C’est un an de plus que la requête du procureur.

«Être un délinquant en cours de procédure augmente la sévérité de la peine», a estimé le Tribunal. Coût de la procédure à la charge du prévenu: 65 000 francs, ajoutés aux 10 000 francs attribués à la victime.

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