Hi-tech - Laisserez-vous Google surveiller votre sommeil?
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Hi-techLaisserez-vous Google surveiller votre sommeil?

Nest Hub 2: l’assistant vocal de Google peut désormais vous suivre dans les bras de Morphée. Bonne nouvelle, il fait mieux que la version précédente, et pour moins cher.

par
Christophe Pinol
Le Nest Hub seconde génération voit ses compétences démultipliées, tout en conservant l’apparence de la première version.

Le Nest Hub seconde génération voit ses compétences démultipliées, tout en conservant l’apparence de la première version.

Google

Deux ans après le premier Nest Hub, l’assistant intelligent Google équipé d’un écran est de retour avec une seconde génération. Et si son design ne change pas d’un iota, il étoffe sensiblement ses compétences notamment grâce à deux nouvelles technologies: le suivi du sommeil et la détection des gestes. Le tout en affichant un prix à la baisse (99 fr. contre 109.- pour la précédente version). C’est déjà ça de pris…

Impossible donc, ou presque, de distinguer ce nouveau modèle du précédent. Même look général – sorte de tablette accolée à une enceinte –, même écran de 7 pouces – malheureusement toujours doté de ses épaisses bordures – et même finition mêlant plastique et tissu. En revanche, il gagne quelques jolis atouts sous le capot.

D’abord un troisième micro, qui lui confère une reconnaissance vocale encore plus efficace. Google muscle aussi sa partie enceinte en la dotant de graves plus prononcés. Ce n’est pas encore la panacée (elle reste moins efficace qu’un haut-parleur nomade) mais le son gagne effectivement en clarté. Surtout, on y trouve donc maintenant un radar – la technologie Soli, déjà déployée sur le smartphone maison Pixel 4XL – permettant de détecter les mouvements sans passer par une caméra, outil dont personne n’aurait voulu dans sa chambre à coucher.

Les contraintes du suivi de sommeil

Question mise en route du produit, on connaît maintenant la chanson avec la firme de Mountain View: l’installation se fait en un clin d’œil, pour autant qu’on possède déjà l’application Google Home. On branche l’appareil au secteur, on scanne le code QR délivré à l’aide de son smartphone, et le tour est joué.

Pour un oeil non-initié, l’assistant vocal pourrait s’aparenter à un simple cadre photo numérique.

Pour un oeil non-initié, l’assistant vocal pourrait s’aparenter à un simple cadre photo numérique.

Google

A la première utilisation, le Hub commence par opérer les réglages relatifs au suivi de sommeil. Sachez-le: la fonction s’accompagne de quelques contraintes. Elle ne s’utilise d’abord que pour une personne et il faudra accepter, pour une assistance régulière, ne pas changer de place dans le lit. Le Nest Hub doit également impérativement être installé à hauteur du dormeur (ni plus bas, ni plus haut) et positionné à une distance de 30 à 60cm de celui-ci, l’écran braqué vers son buste.

Si votre table de nuit est à la bonne hauteur, tant mieux pour vous. Sinon, il va falloir dénicher le bon support à placer à côté du lit! Pas évident… S’ensuit alors une phase d’étalonnage pour permettre à l’appareil de vérifier s’il est correctement positionné. Une opération validée, là encore, en quelques secondes.

Pour fonctionner de façon optimale, l’appareil doit être posté à une hauteur et une distance bien précises de l’utilisateur.

Pour fonctionner de façon optimale, l’appareil doit être posté à une hauteur et une distance bien précises de l’utilisateur.

Google

«Ok Google, ai-je bien dormi?»

La nuit, le capteur ambiant EQ est chargé d’ajuster automatiquement la luminosité de la dalle et celle-ci s’éteint quasi totalement, n’affichant que faiblement l’heure. Et si malgré tout, vous êtes gênés, un simple «Ok Google, éteins l’écran» permettra de résoudre le problème.

Au réveil, il suffit là encore de faire appel à l’assistant – «OK Google, comment ai-je dormi?» – et le rapport tombe: le temps total passé au lit, le moment où l’on s’est endormi, la durée du sommeil… Tout est listé de manière claire et ordonnée. En complément, l’application donne également des informations sur la qualité du temps passé dans les bras de Morphée: est-ce qu’on a ronflé ou toussé? Y a-t-il eu des phases de sommeil agitées ou des variations de luminosité dans la pièce? Quelle était la température de celle-ci? Des résultats que l’on pourra également retrouver au sein de l’application Google Fit.

Durée et qualité du sommeil, ronflements… l’assistant de Google enregistre une foule de paramètres.

Durée et qualité du sommeil, ronflements… l’assistant de Google enregistre une foule de paramètres.

Google

On doit toutefois avouer avoir quelques doutes sur la capacité du radar à déceler le moment précis de l’endormissement et du réveil. On l’a en tout cas pris en défaut 1 fois (sur 3 nuits) lorsqu’il nous a gratifié d’un couché près de 60 minutes après l’heure effective. Et il nous a systématiquement attribué un réveil entre 10 et 20 minutes avant que notre alarme nous tire d’un sommeil profond.

Les mesures de durée de sommeil de notre journaliste.

Les mesures de durée de sommeil de notre journaliste.

DR

Par contre, après une soirée arrosée, on n’est pas surpris de le voir nous signaler des ronflements, ce qui n’est pas dans nos habitudes. Enfin, dans la nuit qui a suivi la prise de notre première dose de vaccin anti Covid-19, il également parfaitement noté à quel point notre sommeil avait été agité, là aussi accompagné de ronflements.

Sommeil très agité, ronflements... Des conséquences directes suite à la prise de notre première dose de vaccin anti-Covid-19.

Sommeil très agité, ronflements... Des conséquences directes suite à la prise de notre première dose de vaccin anti-Covid-19.

DR

Un centre multimédia avant tout

Malgré ces imprécisions, la fonction reste toutefois instructive. C’est même une exclusivité Google sur le marché de ce type d’appareil. Il faut toutefois savoir qu’elle est appelée à devenir payante en 2022. Dans l’état actuel, elle est toujours plus pratique qu’un bracelet connecté qui pourra s’avérer gênant durant la nuit, mais de là à payer pour en bénéficier, c’est une autre histoire. Voilà qui explique probablement pourquoi on l’a finalement mise de côté pour nous concentrer sur les aspects plus classiques du Hub.

Car n’oublions pas les fonctions premières de celui-ci: l’appareil est avant tout un centre multimédia très pratique, permettant d’une part d’avoir à portée de doigt (et de voix) de nombreux éléments utiles à sa journée (heure, météo, calendrier et rendez-vous…). Il fait également office d’excellent cadre photo pour afficher en diaporama ses meilleurs souvenirs, de réveil matin avec simulateur d’aube, d’accès direct à YouTube, Spotify et autres plateformes du genre…

Google présente son Nest Hub 2 comme un véritable couteau suisse.

Google présente son Nest Hub 2 comme un véritable couteau suisse.

Google

On pourra y passer des appels téléphoniques avec Google Duo, ou encore s’en servir comme interphone dans la maison à travers les autres enceintes équipées de l’assistant maison.

Question domotique, il permet aussi de gérer ses luminaires, son chauffage ou encore ses stores. Et puis avec sa nouvelle fonction de reconnaissance de mouvements, il suffira, le matin, de balayer la main devant l’écran pour repousser le réveil de dix minutes. Et si l’appareil est par exemple placé à la cuisine, on pourra mettre sur pause d’un geste la recette vidéo suivie ou passer au prochain titre musical de sa playlist sans risquer de salir l’écran. Pratique.

Netflix et Disney+ sont désormais de la partie

A noter que Google Home propose désormais d’associer nos comptes Netflix et Disney+, offrant donc la possibilité de lancer vocalement les plateformes sur le Hub. Pourtant, seul Netflix répond à l’appel de cette façon. Pour Disney+, il faudra passer par l’application smartphone et l’envoyer sur le Hub via la fonction Cast… Déjà moins pratique. Et puis on regrette que la résolution de la dalle LCD (1024x600 pixels) n’ait pas été améliorée. Si elle est suffisante pour une utilisation au quotidien avec les tâches usuelles, elle reste un peu chiche quand il s’agit de visionner un contenu vidéo.

En comparaison, nos smartphones sont maintenant souvent bien mieux lotis de ce côté-là, avec leurs écrans OLED. Enfin, question interface, la partie logicielle n’est pas une référence en termes de fluidité et on observe quand même de nombreux ralentissements.

Reste la question à 1000 balles: veut-on vraiment d’un micro – et à fortiori d’un capteur de mouvements – dans sa chambre à coucher? Si on avait plus ou moins accepté l’idée de ce micro potentiellement espion dans sa cuisine ou son salon, la chose est plus difficile à digérer dans la pièce la plus intime de la maison. Alors bien sûr, on pourra toujours couper le capteur d’un geste, grâce à son commutateur placé au dos de l’écran, lors de nos ébats les plus fiévreux. Mais on n’a peut-être pas non plus envie de partager nos confidences sur l’oreiller avec Monsieur Google… Même si le risque est infime (voir encadré ci-dessous).

Google nous espionne-t-il?

Avec leur micro perpétuellement ouvert, à l'affût des questions ou ordres qu’on pourra leur adresser, ces enceintes intelligentes nous espionnent-elles? Avant de répondre à la question, penchons-nous d’abord sur le fonctionnement de l’assistant vocal Google…

Il faut d’abord distinguer deux types d’écoute sur ce type d’appareil: la passive et l’active. La première, c’est celle qui est en permanence en fonction. La phase durant laquelle l’assistant guette le mot-clé, «Ok Google», avant de passer à l’écoute active et d’enregistrer la requête qui suit pour l’envoyer sur ses serveurs.

Autrement dit, avant de prononcer le sésame, l’appareil n’est pas censé enregistrer quoi que ce soit. Le problème, c’est qu’il peut lui arriver de se tromper, de croire avoir reconnu le mot-clef durant l’une de nos conversations et ainsi d’enregistrer tout ce qui suit avant de l’envoyer sur ses serveurs… Les cas sont rares mais restent probables.

A côté de ça, on sait que Google, tout comme les autres concepteurs d’assistants intelligents (Amazon, Apple…) font appel à des entreprises tierces pour écouter et retranscrire une partie de ces enregistrements dans le but d’améliorer le niveau de compréhension de l’intelligence artificielle. Nos conversations peuvent donc être écoutées, à un moment ou un autre, par d’autres personnes. Il est toutefois bon de rappeler que les utilisateurs peuvent modifier les paramètres de leur compte pour désactiver le stockage des données audio de l’assistant ou de les supprimer automatiquement tous les 3 ou 18 mois.

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