Football - L’ambiguïté xamaxienne
Publié

FootballL’ambiguïté xamaxienne

Étonnant: c’est au moment où NE Xamax va mieux, qu’il faut se faire le plus de soucis pour lui. Se défendre ou attaquer? Se replier ou oser? Telles sont désormais les questions. Pas facile à résoudre.

par
Jean-Claude Schertenleib
Xamax a été crucifié à la 91e minute. 

Xamax a été crucifié à la 91e minute.

freshfocus

Quand on peut le plus – victoire, démonstration en prime, au Letzigrund sur le terrain du leader GC une semaine plus tôt -, on peut forcément le moins.

Ah, que les mots sont faciles! Ah, que les bonnes vieilles théories à grand-papa facilitent la solution des problèmes! Ah, qu’il était facile le football d’autrefois, Albert Bonny qui sprintait sur son côté droit, qui s’arrêtait et qui centrait; et il y avait toujours Jean-Robert Rub à la reprise…

La Maladière d’aujourd’hui ne peut décidément pas remplacer celle d’avant-hier, parce que le football, même si son but final est toujours le même, a changé. Désormais, tout est professionnalisé, les lendemains de matches, les joueurs ne font plus leur débriefing – enfin, leur apéro! – au «Galop», le bar à café que tenait Guy Mathez près de l’université.

Fin de série

Non, récupération, entraînement, analyse, tactique, voire opérations de représentation. Et toujours pour ce même fameux même but: essayer de placer une balle plus souvent que l’adversaire dans une cage, d’ailleurs solidement gardée (Laurent Walthert a sorti un gros match samedi soir).


Alors, d’autres éléments, nés d’autres pressions – économiques, plus que sportives – doivent être maîtrisés. D’où la complexité de la tâche, illustrée par le NE Xamax actuel. La solide série qui a pris fin contre Aarau avait permis à la formation neuchâteloise de sortir d’un très mauvais pas, mais pas encore d’une situation ambiguë.

Parce que si le pare-brise de la machine neuchâteloise est de plus en plus propre, qu’on se rapproche des feux arrière de Wil, la vision qui apparaît dans le rétroviseur reste inquiétante: deux points d’avance sur Kriens et quatre sur le «relégué» actuel Chiasso.

C’est trop peu pour se libérer l’esprit, pour oser, à moins que, comme au Letzigrund, on n’ait rien à perdre parce que les moyens théoriques sont indéniablement trop différents.

Mafouta esseulé devant

Mais contre Aarau, ce devait être différent. Premièrement parce qu’il y a un sacré passé récent commun entre les deux clubs; ensuite parce que l’équipe argovienne ne gagnait plus depuis six matches hors de ses terres. Enfin, parce que qui peut le plus, devait pouvoir le moins, grand-papa dixit.

Mais voilà, trop souvent, samedi soir, des mouvements offensifs sont morts dans l’œuf parce que le front d’attaque, mis à part un Louis Mafouta en feu – attention, d’ailleurs, à ne pas devenir Mafouta dépendant! – n’a pas offert au milieu de terrains assez de solutions différentes.

Et le ballon de revenir en arrière. Et la moindre erreur de permettre à Aarau de lancer des contre-attaques et à
Filip Stojilkovic de se montrer dangereux.

À force de répéter le même scénario, la douche froide a été assénée dans les arrêts de jeu. Le cercle vicieux s’est refermé sur Xamax, puni par là où il avait péché.

Le match en détail ici: Xamax se fait surprendre à la 91e

Votre opinion